Assurance auto
Tiers ou tous risques : le calcul qui tranche
L'écart de cotisation va du simple au triple. Le bon choix ne dépend pas de votre budget mais d'un calcul de cinq minutes.
- Un calcul simple tranche mieux que toute intuition
- La franchise change souvent la conclusion
- Le point de bascule arrive vers la septième année
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À retenir
Ce que couvre chaque formule
Les intitulés ne sont pas normalisés : le tableau de garanties fait foi, jamais le nom de la formule.
Au tiers
Uniquement les dommages causés à autrui. Obligation légale minimale.
Minimum légal
Tiers étendu
Ajoute vol, incendie, bris de glace et événements climatiques. Souvent le meilleur compromis.
Tous risques
Ajoute les dommages subis en cas d'accident, y compris responsable ou sans tiers identifié.
Valeur à neuf
Indemnise sur le prix d'achat pendant une durée définie. Déterminante sur un véhicule récent.
Perte financière
Comble l'écart entre l'indemnisation et le capital restant dû sur un financement.
Si financé
Protection du conducteur
Non incluse dans la responsabilité civile. Sans elle, rien ne couvre vos blessures si vous êtes responsable.
Jamais à sacrifier
Les garanties réellement acquises dépendent de la formule souscrite et des conditions générales de l'assureur retenu.
Tiers, tiers étendu, tous risques : l'écart de cotisation va couramment du simple au triple. Le bon choix ne dépend pas de votre budget mais d'un calcul que peu d'automobilistes font.
Ce que couvre chaque formule
L'assurance au tiers couvre uniquement les dommages causés à autrui. C'est l'obligation légale minimale, et elle ne couvre rien de ce qui arrive à votre véhicule.
Le tiers étendu ajoute généralement le vol, l'incendie, le bris de glace, les catastrophes naturelles et les événements climatiques. Il couvre les dommages subis sans qu'un accident soit en cause.
Le tous risques ajoute les dommages consécutifs à un accident, y compris lorsque vous êtes responsable ou en l'absence de tiers identifié.
Ces intitulés ne sont pas normalisés : ce que recouvre exactement un « tiers étendu » varie d'un assureur à l'autre. C'est le tableau de garanties qui fait foi, jamais le nom de la formule.
Le calcul qui tranche
Il tient en trois chiffres et cinq minutes.
Prenez la valeur de remplacement de votre véhicule : ce qu'il vaut aujourd'hui, pas ce que vous l'avez payé.
Prenez l'écart annuel de cotisation entre le tous risques et le tiers étendu.
Divisez le premier par le second. Vous obtenez le nombre d'années au bout duquel la formule complète aura coûté la valeur du véhicule.
Si ce nombre est inférieur à trois ou quatre, la question mérite d'être posée sérieusement. Sur un véhicule de dix ans valant trois mille euros, avec un écart de cotisation de huit cents euros, le tous risques coûte la valeur du véhicule en moins de quatre ans.
N'oubliez pas la franchise
C'est ce que le calcul précédent laisse de côté, et qui change souvent la conclusion.
Sur un sinistre responsable avec une franchise de cinq cents euros, l'indemnité nette sur un véhicule de trois mille euros ne représente pas grand-chose. La formule complète protège alors moins qu'on ne l'imagine.
Regardez la franchise poste par poste : elle diffère souvent entre les dommages tous accidents, le vol et le bris de glace. Une franchise basse sur le bris de glace, sinistre fréquent, pèse plus dans la pratique qu'une franchise basse sur les dommages.
La vétusté et la valeur à neuf
Un point déterminant sur un véhicule récent.
Par défaut, l'indemnisation se fait sur la valeur de remplacement au jour du sinistre. Sur un véhicule acheté neuf, la décote de la première année est considérable : l'indemnité peut être très inférieure au prix payé.
La garantie valeur à neuf, souvent optionnelle, indemnise sur le prix d'achat pendant une durée définie — fréquemment vingt-quatre ou trente-six mois.
Si le véhicule est financé, examinez aussi la perte financière : elle comble l'écart entre l'indemnisation de l'assureur et le capital restant dû. Sur une location avec option d'achat, cet écart peut être considérable.
La garantie qu'il ne faut jamais sacrifier
Quelle que soit la formule, une ligne ne se négocie pas : la protection du conducteur.
Cette garantie n'est pas incluse dans la responsabilité civile. Si vous êtes responsable de l'accident, rien ne couvre vos propres blessures sans elle.
Regardez le capital en euros, pas seulement la présence de la garantie. Les écarts entre contrats sont considérables, et un capital faible ne couvre pas une invalidité durable.
Vérifiez aussi le seuil de déclenchement : certains contrats n'interviennent qu'au-delà d'un taux d'incapacité minimal, ce qui exclut les préjudices modérés mais réels.
Les options qui comptent vraiment
Quatre lignes font la différence dans la pratique.
L'assistance 0 km : une panne à deux kilomètres de chez vous n'est pas couverte par une assistance qui démarre au-delà d'un seuil. Or les pannes se produisent statistiquement là où l'on roule le plus.
Le véhicule de remplacement, dont il faut vérifier la durée et les cas de déclenchement : accident seulement, ou également panne et vol.
La protection juridique, utile dès qu'un litige oppose deux versions des faits.
Le contenu du véhicule et les accessoires, plafonnés dans les contrats standards.
Quelle formule pour quel profil
Quelques repères, à ajuster à votre situation.
Véhicule ancien de faible valeur : tiers étendu, avec une bonne protection du conducteur. Le tous risques ne se justifie pas.
Véhicule récent ou financé : tous risques, avec valeur à neuf et perte financière si le financement court.
Jeune conducteur sur occasion : tiers étendu, et budget concentré sur la protection du conducteur.
Faible kilométrage, stationnement fermé : le tiers simple peut suffire si la valeur du véhicule est faible et le risque de vol limité.
Réviser chaque année
Une formule adaptée à l'achat ne l'est plus cinq ans après.
La valeur du véhicule baisse chaque année, alors que la cotisation du tous risques ne baisse pas au même rythme. Le point de bascule vers le tiers étendu arrive généralement entre la sixième et la huitième année, selon le modèle.
Refaites le calcul à chaque échéance. C'est cinq minutes, et c'est souvent l'économie la plus simple à réaliser sur un budget d'assurance.
Bon à savoir
Questions fréquentes
L'assurance au tiers couvre uniquement les dommages causés à autrui. Le tous risques indemnise également votre véhicule, y compris lorsque vous êtes responsable. Le tiers est souvent suffisant pour un véhicule ancien de faible valeur ; le tous risques se justifie pour un véhicule récent ou financé.
Oui, après un an de contrat, sans motif ni frais, avec un préavis d'un mois. Votre nouvel assureur peut se charger des démarches, ce qui évite tout risque d'interruption de garantie. Avant un an, la résiliation intervient à l'échéance annuelle avec un préavis de deux mois, ou lors d'un changement de situation.
Oui. Certains assureurs sont spécialisés sur ces profils. Le tarif est plus élevé, mais une solution existe presque toujours. Indiquez votre situation dans votre demande : cela nous évite de vous orienter vers des offres qui vous seraient refusées.
C'est le document qui retrace vos cinq dernières années d'assurance : coefficient bonus-malus, sinistres déclarés, motif de résiliation éventuel. Votre assureur doit vous le remettre sous quinze jours à compter de votre demande. Demandez-le systématiquement, même sans projet de changement.
Depuis la loi Hamon, vous pouvez résilier à tout moment après un an de contrat, avec un préavis d'un mois. Le nouvel assureur se charge généralement des démarches pour vous.
Le coefficient part de 1,00 à la première souscription. Chaque année sans sinistre responsable le réduit, jusqu'au plancher de 0,50 atteint après treize ans. Chaque sinistre responsable le majore. Le plafond est fixé à 3,50. Après deux années consécutives sans sinistre responsable, le coefficient revient à 1,00 quel qu'ait été le malus accumulé.
Non. Une demande de comparaison est gratuite et sans engagement. Vous restez libre de ne pas souscrire.
Oui. Une résiliation restreint l'accès à l'assurance sans le fermer, et le motif compte davantage que le fait lui-même : un impayé soldé est mieux accepté qu'une série de sinistres. Des assureurs se positionnent spécifiquement sur ces profils. En dernier recours, le Bureau central de tarification peut imposer à un assureur de vous couvrir en responsabilité civile.
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Sophie D.
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