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Assurance auto

Garanties auto : ce que couvre réellement chaque formule

Tiers, tiers étendu, tous risques : au-delà des étiquettes, ce sont les garanties ligne à ligne qui déterminent ce que vous toucherez le jour du sinistre.

  • La différence réelle entre tiers, tiers étendu et tous risques
  • Les garanties que tout le monde oublie de vérifier
  • Comment lire une franchise et un plafond d'indemnisation

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Deux contrats affichant tous les deux la mention « tous risques » peuvent indemniser très différemment le même accident. L'étiquette commerciale ne dit presque rien : ce sont les garanties retenues, leurs franchises et leurs plafonds qui déterminent ce que vous percevrez réellement. Ce guide reprend chaque ligne, dans l'ordre où elle apparaît sur un tableau de garanties.

Le socle obligatoire : la responsabilité civile

Depuis la loi du 27 février 1958, tout véhicule terrestre à moteur circulant en France doit être assuré en responsabilité civile. Cette garantie ne protège pas votre véhicule : elle couvre les dommages que vous causez à autrui, qu'il s'agisse de dégâts matériels ou de dommages corporels.

C'est la seule garantie légalement exigée, et c'est aussi la plus importante en montant. Les dommages matériels sont couverts à hauteur de plusieurs millions d'euros, et les dommages corporels sont, dans la plupart des contrats, illimités. Cette dissymétrie n'est pas un hasard : un accident impliquant plusieurs blessés graves peut engendrer des indemnisations qui dépassent de très loin la valeur de n'importe quel véhicule.

Rouler sans assurance expose à une amende forfaitaire de 500 euros, portée à 3 750 euros devant le tribunal, avec suspension possible du permis et confiscation du véhicule. Mais le risque financier réel est ailleurs : en cas d'accident, le Fonds de garantie des assurances obligatoires indemnise les victimes, puis se retourne contre le conducteur non assuré pour récupérer l'intégralité des sommes versées. Des dettes de plusieurs centaines de milliers d'euros, poursuivies pendant des décennies, ne sont pas rares dans ces dossiers.

Les trois grandes formules

L'assurance au tiers

La formule minimale : responsabilité civile, à laquelle s'ajoutent généralement la défense pénale et le recours après accident, ainsi qu'une assistance de base. Votre véhicule n'est pas couvert. Si vous êtes responsable d'un accident, vous réparez à vos frais. Si un tiers identifié est responsable, c'est son assurance qui indemnise votre véhicule.

Cette formule garde tout son sens sur un véhicule dont la valeur de remplacement est faible. Payer un tous risques 700 euros par an pour un véhicule qui en vaut 1 800 revient à assurer, en quatre ans, plus que la valeur du bien.

L'assurance au tiers étendu

Le tiers auquel s'ajoutent des garanties dommages ciblées : le plus souvent vol, incendie, bris de glace et événements climatiques. La collision reste exclue quand vous êtes responsable.

C'est la formule la plus mal comprise, parce que son contenu varie fortement d'un assureur à l'autre. Deux contrats « tiers étendu » peuvent différer sur la présence du vol, sur celle des catastrophes naturelles, ou sur le périmètre du bris de glace. C'est précisément sur cette formule qu'une comparaison ligne à ligne est indispensable.

L'assurance tous risques

Le tiers étendu auquel s'ajoute la garantie dommages tous accidents : votre véhicule est réparé même lorsque vous êtes responsable, et même en l'absence de tiers identifié. Une sortie de route seule, un choc contre un poteau, un dégât de parking sans témoin entrent dans ce cadre.

Cette formule s'impose dans trois situations : un véhicule récent, un véhicule financé par crédit ou en location avec option d'achat — l'organisme prêteur l'exige presque toujours —, et un véhicule dont la perte représenterait une difficulté financière immédiate.

Garantie par garantie

Dommages tous accidents

La garantie qui distingue le tous risques. Elle couvre les dégâts subis par votre véhicule quelle que soit la responsabilité. Vérifiez deux points : la franchise applicable, et le mode de calcul de l'indemnité en cas de destruction totale.

Vol et tentative de vol

Presque toujours conditionnée. Les contrats exigent fréquemment que le véhicule ait été fermé, que les clés n'aient pas été laissées à l'intérieur, et parfois qu'un dispositif antivol homologué soit installé sur les modèles les plus volés. Certains contrats excluent le vol par ruse ou par escroquerie, notamment lors d'un essai avant vente.

Les accessoires et effets personnels ne sont couverts qu'à hauteur d'un plafond souvent modeste, de quelques centaines d'euros. Un ordinateur portable volé dans un coffre dépasse généralement ce plafond.

Incendie et explosion

Couvre l'incendie du véhicule, y compris lorsqu'il est provoqué par un tiers ou par un véhicule voisin. Attention : un incendie d'origine mécanique consécutif à un défaut d'entretien peut être refusé, l'assureur invoquant l'absence d'entretien comme cause exclue.

Bris de glace

Le périmètre varie énormément. Au minimum, le pare-brise. Selon les contrats, s'ajoutent les vitres latérales, la lunette arrière, le toit ouvrant vitré, les rétroviseurs et les optiques de phares. Sur un véhicule récent, un pare-brise équipé de caméras d'aide à la conduite coûte fréquemment plus de mille euros, recalibrage compris — vérifiez que ce recalibrage est bien pris en charge.

Beaucoup de contrats appliquent une franchise réduite, voire nulle, sur cette garantie, et prévoient une réparation sans franchise en cas d'impact réparable plutôt que de remplacement.

Événements climatiques et catastrophes naturelles

Tempête, grêle et poids de la neige relèvent d'une garantie contractuelle. Les inondations et les glissements de terrain relèvent, eux, de la garantie légale catastrophes naturelles, qui ne se déclenche qu'après publication d'un arrêté interministériel, avec une franchise fixée par la réglementation et non par l'assureur.

Protection du conducteur

La garantie la plus négligée, et probablement la plus importante après la responsabilité civile. En cas d'accident dont vous êtes responsable, vos propres blessures ne sont pas couvertes par la responsabilité civile — celle-ci ne protège que les autres. Sans garantie du conducteur, vos frais médicaux non remboursés, votre perte de revenus et votre éventuelle invalidité restent à votre charge.

Regardez le capital garanti. Un plafond de 100 000 euros peut sembler confortable ; il couvre en réalité mal une invalidité lourde chez une personne active de quarante ans. Certains contrats montent à 500 000 euros ou un million pour quelques euros de cotisation supplémentaire par mois.

Assistance

Le point à vérifier est le kilométrage de déclenchement. Une assistance « à partir de 50 km du domicile » ne vous aidera pas pour une panne devant chez vous — situation statistiquement fréquente, notamment au démarrage à froid. L'assistance dite « 0 km » intervient partout.

Regardez aussi ce qui est réellement pris en charge : remorquage seul, ou remorquage plus véhicule de remplacement, hébergement, rapatriement des passagers. Et la durée du véhicule de remplacement : trois jours ne couvrent pas une réparation de carrosserie.

Défense pénale et recours

Prise en charge de votre défense si vous êtes poursuivi après un accident, et des démarches pour obtenir réparation d'un tiers responsable. Présente dans presque tous les contrats, y compris au tiers, avec un plafond de frais d'avocat qu'il est utile de comparer.

Franchises : le vrai coût d'un contrat

La franchise est la part du sinistre qui reste à votre charge. Elle explique une bonne partie des écarts de tarif entre deux contrats apparemment identiques.

Trois formes existent. La franchise fixe est un montant en euros, par exemple 400 euros par sinistre. La franchise proportionnelle est un pourcentage du montant des dommages, souvent encadré par un minimum et un maximum. La franchise mixte combine les deux : par exemple 10 % des dommages, avec un minimum de 300 euros et un maximum de 900.

Une cotisation annuelle inférieure de 120 euros avec une franchise supérieure de 500 euros n'est un gain que si vous ne déclarez aucun sinistre pendant plus de quatre ans. Le calcul dépend donc de votre exposition réelle : kilométrage annuel, type de trajets, lieu de stationnement.

Vérifiez aussi si la franchise s'applique par sinistre ou par année, et si elle est majorée pour un conducteur novice ou un conducteur occasionnel non désigné au contrat. Cette majoration, souvent doublée, apparaît rarement dans les tableaux comparatifs.

Comment est indemnisé votre véhicule

En cas de destruction ou de vol, le mode de calcul de l'indemnité compte autant que la présence de la garantie.

La valeur de remplacement à dire d'expert est la référence la plus courante : l'expert évalue ce que coûterait un véhicule équivalent sur le marché de l'occasion. C'est souvent bien inférieur au prix que vous avez payé.

La valeur à neuf indemnise sur la base du prix d'un véhicule neuf équivalent, généralement pendant les six, douze, vingt-quatre ou trente-six premiers mois. C'est une option précieuse sur un véhicule récent, la décote atteignant couramment 20 % la première année.

La valeur d'achat ou la valeur conventionnelle retient un montant fixé à la souscription. Utile sur un véhicule de collection ou un modèle difficile à évaluer.

Attention à la notion de véhicule économiquement irréparable : si le coût des réparations dépasse la valeur du véhicule, l'assureur propose une indemnisation plutôt qu'une réparation. Vous pouvez alors conserver le véhicule, avec une indemnité réduite de la valeur de l'épave, ou le céder à l'assureur.

Les exclusions à connaître

Certaines situations annulent la garantie, y compris en tous risques. Les plus fréquentes concernent la conduite sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants, la conduite sans permis valide ou avec un permis suspendu, la participation à une compétition, le prêt du volant à une personne non autorisée par le contrat, et le transport de marchandises ou de personnes à titre onéreux quand l'usage déclaré ne le prévoit pas.

Point important : même en cas d'exclusion, la responsabilité civile continue d'indemniser les victimes. L'assureur exerce ensuite un recours contre vous pour récupérer les sommes versées. Une conduite en état d'ivresse ayant causé un accident grave peut ainsi se traduire par une dette personnelle considérable.

La fausse déclaration mérite une mention particulière. Déclarer un kilométrage annuel très inférieur à la réalité, taire un sinistre antérieur ou omettre un conducteur régulier du foyer peut entraîner une réduction proportionnelle de l'indemnité, voire la nullité du contrat si la mauvaise foi est établie. L'économie réalisée sur la cotisation est dérisoire face à ce risque.

Les options qui valent leur prix, et les autres

Au-delà des garanties principales, les contrats proposent des options dont l'utilité varie beaucoup selon les situations.

La garantie du contenu et des accessoires couvre l'équipement ajouté au véhicule : attelage, coffre de toit, siège enfant, système audio installé après achat. Elle n'a d'intérêt que si vous avez réellement équipé le véhicule, et son plafond mérite vérification.

Le véhicule de remplacement est souvent proposé en option alors qu'une version limitée figure déjà dans l'assistance. Comparez la durée : sept jours couvrent une réparation mécanique courante, trois jours ne couvrent rien de sérieux en carrosserie.

La garantie panne mécanique ressemble à une extension de garantie constructeur. Elle est rarement rentable sur un véhicule ancien, où les exclusions liées à l'usure vident la garantie de son contenu. Lisez la liste des organes couverts avant de souscrire.

La protection juridique étendue dépasse le cadre de l'accident : litige avec un garagiste, contestation d'un vice caché à l'achat, désaccord avec un vendeur. Utile si vous achetez d'occasion à des particuliers.

Le rachat de franchise supprime ou réduit la franchise dommages contre un supplément de cotisation. Le calcul est simple : si le supplément annuel dépasse le quart de la franchise, l'option n'est rentable qu'avec un sinistre tous les quatre ans. Peu de conducteurs sont dans ce cas.

Conducteurs désignés, secondaires, occasionnels

Le contrat désigne un conducteur principal et, éventuellement, des conducteurs secondaires. Cette déclaration a des conséquences concrètes.

Un conducteur secondaire déclaré est couvert dans les mêmes conditions que le principal, sans majoration de franchise. C'est le bon cadre pour un conjoint qui utilise régulièrement le véhicule, ou pour un jeune conducteur rattaché au contrat familial — ce rattachement lui permet d'accumuler une antériorité d'assurance qui vaudra cher plus tard.

Un conducteur occasionnel non désigné reste généralement couvert, mais avec une franchise majorée, souvent doublée. Le prêt du volant à un ami pour un déménagement entre dans ce cas. Certains contrats l'excluent purement, notamment pour les conducteurs de moins de vingt-cinq ans ou titulaires du permis depuis moins de trois ans : ce point figure dans les conditions générales et mérite une lecture attentive avant de confier ses clés.

La conduite exclusive est une option qui réduit la cotisation en limitant la couverture au seul conducteur désigné. Économique, mais elle laisse sans garantie tout autre conducteur, y compris en cas d'urgence.

Comparer deux devis correctement

Comparer deux cotisations annuelles n'a aucun sens sans comparer ce qu'elles achètent. Une méthode en cinq points suffit à éviter les mauvaises surprises.

Relevez d'abord la franchise dommages de chaque devis, et calculez l'écart de cotisation sur trois ans. Un contrat 90 euros moins cher avec 350 euros de franchise supplémentaire est moins avantageux dès le premier sinistre.

Vérifiez ensuite le capital de la garantie du conducteur. C'est la ligne où les écarts sont les plus grands, et la moins visible dans les comparatifs automatiques.

Contrôlez le kilométrage de déclenchement de l'assistance, puis le périmètre du bris de glace — pare-brise seul, ou vitrage complet avec recalibrage des caméras.

Enfin, cherchez la base d'indemnisation en cas de perte totale : valeur à dire d'expert, valeur à neuf, ou valeur conventionnelle. Sur un véhicule de moins de deux ans, cette seule ligne peut représenter plusieurs milliers d'euros d'écart.

Quelle formule pour votre situation

Quelques repères, à croiser avec votre propre situation.

Véhicule de plus de dix ans, valeur inférieure à 3 000 euros, stationnement en garage fermé, faible kilométrage : le tiers suffit généralement. Ajoutez la protection du conducteur avec un capital élevé, et une assistance 0 km.

Véhicule de cinq à dix ans, valeur de 4 000 à 10 000 euros, stationnement sur la voie publique : le tiers étendu est le bon compromis, à condition que le vol et le bris de glace y figurent réellement.

Véhicule de moins de cinq ans, ou financé, ou dont la perte serait difficile : le tous risques, avec une attention particulière à la franchise dommages et, sur un véhicule très récent, à l'option valeur à neuf.

Conducteur novice : le tarif est élevé quelle que soit la formule. Regardez la majoration de franchise pour conducteur novice, qui peut rendre une garantie dommages presque théorique. Le rattachement en conducteur secondaire sur le contrat d'un parent, quand la situation le permet, reste la solution la plus économique et permet d'accumuler de l'antériorité.

Dernier conseil, valable dans tous les cas : demandez les conditions générales avant de signer, et cherchez-y trois mots — franchise, plafond, exclusion. C'est là, et non dans la plaquette commerciale, que se trouve le contenu réel de votre contrat.

Bon à savoir

Questions fréquentes

L'assurance au tiers couvre uniquement les dommages causés à autrui. Le tous risques indemnise également votre véhicule, y compris lorsque vous êtes responsable. Le tiers est souvent suffisant pour un véhicule ancien de faible valeur ; le tous risques se justifie pour un véhicule récent ou financé.

Oui. Certains assureurs sont spécialisés sur ces profils. Le tarif est plus élevé, mais une solution existe presque toujours. Indiquez votre situation dans votre demande : cela nous évite de vous orienter vers des offres qui vous seraient refusées.

Depuis la loi Hamon, vous pouvez résilier à tout moment après un an de contrat, avec un préavis d'un mois. Le nouvel assureur se charge généralement des démarches pour vous.

Non. Une demande de comparaison est gratuite et sans engagement. Vous restez libre de ne pas souscrire.

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Sophie D.

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