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Assurance auto

Résilié ou malussé : une solution existe

Résiliation pour non-paiement, pour sinistres, après un retrait de permis, ou malus accumulé : ces situations restreignent l'accès à l'assurance, elles ne le ferment pas.

  • Assureurs spécialisés selon le motif de résiliation
  • Le recours au Bureau central de tarification si personne n'accepte
  • Comment faire redescendre un malus, et en combien de temps

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Une résiliation par l'assureur ferme beaucoup de portes, mais pas toutes. Chaque année, des dizaines de milliers de conducteurs se retrouvent dans cette situation et parviennent à se réassurer, à un tarif plus élevé mais dans un cadre légal. Le point déterminant est le motif de la résiliation : il conditionne les assureurs susceptibles de vous accepter, la durée pendant laquelle il vous suit, et le levier dont vous disposez.

Comprendre le coefficient bonus-malus

Le coefficient de réduction-majoration est encadré par le Code des assurances : il ne dépend pas de l'assureur, mais d'un barème identique pour tous. Il part de 1,00 à la première souscription.

Chaque année sans sinistre responsable le réduit de 5 % : 0,95 après un an, 0,90 après deux ans, et ainsi de suite jusqu'au plancher de 0,50, atteint au bout de treize années sans sinistre. Ce plancher correspond à une réduction de moitié de la cotisation de référence.

Chaque sinistre pleinement responsable majore le coefficient de 25 % : un coefficient de 1,00 passe à 1,25, puis à 1,56 au sinistre suivant. Un sinistre partiellement responsable applique une majoration de 12,5 %. Le plafond légal est fixé à 3,50, soit une cotisation multipliée par trois et demi.

Deux mécanismes jouent en votre faveur. La descente rapide : après deux années consécutives sans sinistre responsable, le coefficient revient à 1,00, quel qu'ait été le malus accumulé. Et la règle dite du premier sinistre : un conducteur au coefficient 0,50 depuis au moins trois ans ne subit pas de majoration au premier sinistre responsable.

Certains sinistres ne sont pas malussants : le vol, l'incendie, le bris de glace seul, les catastrophes naturelles, et un accident dont un tiers est entièrement responsable. Ils apparaissent néanmoins sur votre relevé d'information et pèsent sur l'appréciation de votre profil, ce qui n'est pas la même chose que le coefficient.

Les motifs de résiliation

Non-paiement de la cotisation

Le motif le plus fréquent, et paradoxalement le plus simple à surmonter. La procédure est encadrée : après dix jours de retard, l'assureur envoie une mise en demeure ; trente jours plus tard, la garantie est suspendue ; dix jours après, le contrat est résilié. La cotisation reste due pour toute la période, y compris de suspension.

Ce motif est mieux accepté par les assureurs spécialisés qu'une résiliation pour sinistres, parce qu'il ne dit rien de votre conduite. En revanche, la dette doit être réglée : un impayé non soldé auprès d'un assureur du même groupe bloque souvent la souscription.

Sinistres répétés

L'assureur peut résilier après un sinistre, à condition que cette faculté figure dans les conditions générales — elle y figure presque toujours. En pratique, la résiliation intervient après deux ou trois sinistres responsables sur une courte période, ou après un sinistre particulièrement coûteux.

C'est le motif le plus lourd, car il porte directement sur le risque que vous représentez. Les assureurs spécialisés existent, mais la cotisation est nettement majorée, et une garantie dommages peut être refusée : vous serez alors limité au tiers pendant quelques années.

Alcoolémie, stupéfiants, délit de fuite

Après une condamnation pour conduite en état d'ivresse, sous l'emprise de stupéfiants, un grand excès de vitesse ou un délit de fuite, l'assureur résilie généralement de plein droit. Ces motifs restent inscrits pendant plusieurs années et orientent presque systématiquement vers des assureurs spécialisés.

Le tarif est alors élevé, souvent deux à quatre fois la cotisation d'un profil standard. Ce n'est pas de l'arbitraire : la sinistralité de ces profils est statistiquement très supérieure sur les premières années.

Fausse déclaration

Si l'assureur découvre une omission ou une inexactitude dans votre déclaration — sinistre passé non signalé, conducteur principal réel différent de celui déclaré, kilométrage manifestement sous-évalué —, il peut résilier, réduire l'indemnité proportionnellement, ou faire annuler le contrat en cas de mauvaise foi établie.

Une nullité pour fausse déclaration intentionnelle est le cas le plus difficile : elle est mentionnée dans le fichier professionnel AGIRA et rend la réassurance particulièrement délicate.

Suspension ou annulation du permis

Une suspension longue conduit fréquemment à la résiliation. Après une annulation, il faut repasser le permis, et vous êtes alors traité comme un conducteur novice — avec, en plus, l'antécédent qui a causé l'annulation.

Ce que voit un nouvel assureur

Le relevé d'information est la pièce centrale. Votre ancien assureur doit vous le remettre sur demande, et dans un délai de quinze jours. Il mentionne les cinq dernières années : coefficient bonus-malus, liste des sinistres avec leur date et le niveau de responsabilité, et le motif de résiliation le cas échéant.

Ce document n'est pas facultatif. Un assureur qui souscrit sans l'obtenir se réserve la possibilité de revoir sa position, voire d'annuler le contrat, si le relevé révèle ensuite un antécédent non déclaré. Fournissez-le spontanément : cela accélère la souscription et vous protège.

Les assureurs consultent également le fichier AGIRA, qui recense notamment les résiliations pour fausse déclaration et les sinistres déclarés. Espérer qu'un antécédent passe inaperçu est une stratégie perdante : la vérification est systématique.

Les solutions selon votre situation

Les assureurs spécialisés

Plusieurs compagnies ont construit leur activité sur ces profils. Elles disposent de grilles tarifaires adaptées et acceptent des antécédents qu'un assureur généraliste refuse d'emblée. Leur approche diffère selon le motif : certaines sont plus ouvertes sur le non-paiement, d'autres sur l'alcoolémie, d'autres sur les sinistres multiples.

C'est précisément là qu'un courtier apporte de la valeur : au lieu d'essuyer six refus successifs — chaque refus alourdissant votre dossier —, vous êtes orienté vers les deux ou trois compagnies susceptibles d'accepter votre profil précis.

Réduire le risque assuré

Plusieurs leviers font baisser sensiblement la cotisation d'un profil difficile : accepter une formule au tiers plutôt qu'un tous risques, choisir une franchise élevée, déclarer un kilométrage annuel réduit s'il correspond à la réalité, opter pour un véhicule de faible puissance, et installer un dispositif de suivi si l'assureur le propose.

Un véhicule moins puissant a un effet immédiat. Passer d'un modèle de 150 chevaux à un modèle de 90 chevaux modifie la classe de risque et peut réduire la cotisation de moitié sur un profil malussé.

Le paiement mensuel après un impayé

Après une résiliation pour non-paiement, beaucoup d'assureurs exigent un paiement annuel comptant sur les premières années. C'est contraignant, mais c'est souvent la condition d'acceptation. Prévoyez cette trésorerie.

Le Bureau central de tarification

L'assurance en responsabilité civile étant obligatoire, la loi prévoit un recours lorsque personne n'accepte de vous assurer. Le Bureau central de tarification, saisi via le médiateur de l'assurance, peut imposer à un assureur de vous garantir, en fixant lui-même la prime.

La procédure suppose un refus écrit. Adressez une demande d'assurance par lettre recommandée avec accusé de réception à l'assureur de votre choix ; s'il ne répond pas dans les quinze jours ou s'il refuse, vous disposez de quinze jours pour saisir le BCT. Joignez votre relevé d'information, le refus, et les pièces du véhicule.

Deux limites à connaître. Le BCT n'impose que la responsabilité civile : aucune garantie dommages, aucun vol, aucune assistance. Et la prime fixée est élevée, puisqu'elle reflète le risque sans concurrence. C'est un filet de sécurité pour rester en règle, pas une solution avantageuse. Épuisez d'abord les assureurs spécialisés.

Ce que coûte réellement un profil difficile

Les ordres de grandeur qui suivent sont indicatifs : ils varient selon le véhicule, la région, l'âge et l'ancienneté du permis. Ils donnent néanmoins une idée de l'écart à prévoir.

Un conducteur au coefficient 1,00, sans antécédent, sur un véhicule citadin de dix ans en formule au tiers, se situe couramment entre 350 et 550 euros par an.

Le même conducteur avec un coefficient de 1,56 — deux sinistres responsables — paiera mécaniquement une fois et demie cette base, soit 550 à 850 euros, avant même toute majoration commerciale liée au profil.

Après une résiliation pour non-paiement, comptez une majoration de 20 à 50 % par rapport au tarif correspondant à votre coefficient, avec fréquemment l'obligation de payer la cotisation annuelle en une fois.

Après une résiliation pour sinistres répétés, la majoration atteint souvent 50 à 100 %, et la garantie dommages peut être refusée pendant deux à trois ans.

Après une résiliation pour alcoolémie ou stupéfiants, les tarifs observés vont couramment du double au quadruple du tarif standard, avec une limitation au tiers les premières années.

Le Bureau central de tarification, lorsqu'il est saisi, fixe une prime qui se situe généralement au-delà de ces montants, puisqu'elle est déterminée sans concurrence et sans garantie dommages.

Ces écarts expliquent pourquoi il vaut la peine de comparer, même — et surtout — avec un profil difficile : la dispersion entre assureurs y est bien plus forte que sur un profil standard, où les tarifs se tiennent à 15 ou 20 % près.

Après une suspension ou une annulation de permis

Une suspension n'annule pas votre permis : à son terme, vous récupérez vos droits, éventuellement après une visite médicale et des tests psychotechniques selon le motif et la durée. Votre antériorité d'assurance et votre coefficient sont conservés.

Une annulation ou une invalidation pour solde de points nul est plus lourde : il faut repasser le permis, précédé d'un délai d'interdiction fixé par le juge ou la réglementation. Vous redevenez alors juridiquement un conducteur novice, avec un permis probatoire de trois ans.

Cette combinaison — conducteur novice porteur d'un antécédent grave — est la situation la plus difficile à assurer. Trois éléments aident : un véhicule de faible puissance, une formule au tiers, et un délai. Chaque année écoulée sans nouvel incident améliore sensiblement les propositions.

Un point souvent ignoré : pendant la période de suspension, si vous conservez le véhicule, il doit rester assuré en responsabilité civile dès lors qu'il stationne sur la voie publique. Résilier pour économiser expose à la sanction du défaut d'assurance, même véhicule immobile. Beaucoup d'assureurs proposent une formule de garage mort, à cotisation réduite, qui couvre le véhicule à l'arrêt sans couvrir la circulation.

Faire baisser sa cotisation dans le temps

Un profil résilié ou malussé n'est pas une condition permanente. Trois échéances comptent.

Deux ans sans sinistre responsable ramènent votre coefficient à 1,00, quel que soit le malus accumulé. C'est le mécanisme le plus puissant, et il est automatique.

Trois ans après une résiliation, la plupart des assureurs généralistes cessent de la considérer comme rédhibitoire, à condition qu'aucun nouvel incident ne soit survenu.

Cinq ans font sortir les sinistres de votre relevé d'information, qui ne couvre que cette période. Votre historique redevient alors comparable à celui d'un conducteur ordinaire.

Pendant cette période, faites redemander un devis chaque année. Beaucoup de conducteurs restent chez un assureur spécialisé bien après que leur situation s'est normalisée, et paient deux fois le tarif du marché par simple inertie. Depuis la loi Hamon, la résiliation est possible à tout moment après un an de contrat, avec un préavis d'un mois.

Changer d'assureur quand on est résilié

Une fois une solution trouvée, quelques règles évitent de reproduire la situation.

Ne résiliez jamais avant d'avoir la nouvelle attestation en main. Une interruption de garantie, même de quelques jours, apparaît sur votre historique et sera lue comme un signal négatif. Faites chevaucher les deux contrats d'une journée s'il faut.

Vérifiez la date d'effet. Un contrat qui prend effet le lendemain de la souscription vous laisse un jour sans couverture si votre ancien contrat s'arrête le soir même. Demandez une prise d'effet immédiate, quitte à payer un prorata.

Mettez en place le prélèvement automatique si l'assureur l'accepte, et gardez une provision sur le compte concerné. La résiliation pour non-paiement se produit presque toujours par étourderie, rarement par incapacité de payer : un prélèvement rejeté pour solde insuffisant enclenche la même procédure qu'un impayé volontaire.

Déclarez tout changement en cours de contrat : déménagement, changement de véhicule, nouveau conducteur régulier, évolution du kilométrage, passage d'un usage privé à un usage professionnel. Une situation non déclarée devient une fausse déclaration au moment du sinistre, alors qu'une déclaration spontanée n'entraîne au pire qu'un ajustement de cotisation.

Conservez vos relevés d'information. Chaque année, demandez-le et classez-le. Le jour où vous chercherez à vous réassurer rapidement, disposer d'un historique complet vous fera gagner des semaines.

Les erreurs à ne pas commettre

Omettre la résiliation. Elle sera découverte au relevé d'information ou au premier sinistre. Le contrat peut alors être annulé, avec un antécédent supplémentaire bien plus lourd que celui que vous cherchiez à taire.

Multiplier les demandes en aveugle. Chaque refus s'ajoute au dossier et complique les suivantes. Mieux vaut trois demandes ciblées que dix demandes au hasard.

Rouler non assuré en attendant. Outre les sanctions, un accident dans cette période crée une dette personnelle envers le Fonds de garantie qui peut vous suivre toute votre vie, sans prescription utile. Si aucune solution immédiate n'existe, ne prenez pas le volant.

Déclarer un autre conducteur principal. Faire figurer un conjoint ou un parent comme conducteur principal alors que vous conduisez réellement le véhicule est une fausse déclaration. Elle est facile à établir après un sinistre — le lieu, l'heure et les circonstances suffisent souvent — et entraîne la nullité du contrat.

Attendre l'échéance pour agir. Une résiliation prend effet à une date précise. Entamez les démarches dès la réception du courrier : trouver un assureur prend parfois plusieurs semaines, et une interruption de garantie s'ajoute à votre dossier.

Enfin, un point de méthode : rassemblez dès maintenant votre relevé d'information, la lettre de résiliation, votre carte grise et votre permis. Un dossier complet transmis en une fois obtient une réponse en quelques jours, là où un dossier incomplet traîne des semaines.

Bon à savoir

Questions fréquentes

L'assurance au tiers couvre uniquement les dommages causés à autrui. Le tous risques indemnise également votre véhicule, y compris lorsque vous êtes responsable. Le tiers est souvent suffisant pour un véhicule ancien de faible valeur ; le tous risques se justifie pour un véhicule récent ou financé.

Oui. Certains assureurs sont spécialisés sur ces profils. Le tarif est plus élevé, mais une solution existe presque toujours. Indiquez votre situation dans votre demande : cela nous évite de vous orienter vers des offres qui vous seraient refusées.

Depuis la loi Hamon, vous pouvez résilier à tout moment après un an de contrat, avec un préavis d'un mois. Le nouvel assureur se charge généralement des démarches pour vous.

Non. Une demande de comparaison est gratuite et sans engagement. Vous restez libre de ne pas souscrire.

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Sophie D.

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