Assurance auto
Résilié pour non-paiement : le profil le plus facile à replacer
Quarante jours séparent la mise en demeure de la résiliation. Et une fois la dette réglée, ce motif ne dit rien de votre conduite.
- Quarante jours entre mise en demeure et résiliation
- Régler la dette débloque presque tous les dossiers
- Le motif ne met pas en cause votre conduite
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En bref
Ce qu'il faut savoir
Les points qui déterminent votre situation et vos possibilités.
Mise en demeure
Dix jours après l'échéance impayée, par lettre recommandée. Sa date fait courir tous les délais suivants.
Jour 10
Suspension des garanties
Trente jours après la mise en demeure. Le contrat existe encore mais vous n'êtes plus couvert.
Jour 40
Résiliation
Dix jours après la suspension. Avant cette date, un paiement intégral remet le contrat en vigueur.
Jour 50
Mention au relevé
Le motif figure cinq ans sur le relevé d'information. Aucun moyen de l'effacer.
La dette reste due
Les cotisations courues restent exigibles, et un impayé en cours fait refuser la plupart des dossiers.
Paiement annuel
Il lève l'objection principale des assureurs et débloque la majorité des situations.
Le levier
Les garanties réellement acquises dépendent de la formule souscrite et des conditions générales de l'assureur retenu. Cette page est informative et ne constitue pas un conseil juridique.
C'est le motif de résiliation le plus fréquent, et le plus facile à corriger. Contrairement à une résiliation après sinistres ou après infraction, elle ne dit rien de votre conduite : elle signale un incident de paiement, et les assureurs le traitent comme tel.
La procédure, étape par étape
Un assureur ne peut pas résilier du jour au lendemain. La loi encadre strictement le déroulement, et chaque étape vous laisse une possibilité de régulariser.
La mise en demeure. Dix jours après l'échéance impayée, l'assureur vous adresse une lettre recommandée vous enjoignant de payer. Ce courrier fait courir les délais suivants : conservez-le, sa date compte.
La suspension des garanties. Trente jours après l'envoi de cette mise en demeure, les garanties sont suspendues. Point essentiel : le contrat existe toujours et les cotisations restent dues, mais vous n'êtes plus couvert. Rouler pendant cette période revient à rouler sans assurance, avec les conséquences pénales que cela implique.
La résiliation. Dix jours après la suspension, soit quarante jours après la mise en demeure, l'assureur peut résilier définitivement.
À tout moment avant la résiliation, un paiement intégral remet le contrat en vigueur. Les garanties reprennent le lendemain à midi.
Régulariser avant qu'il ne soit trop tard
C'est le conseil le plus rentable de cette page, et il est souvent ignoré par méconnaissance du calendrier.
Entre la mise en demeure et la résiliation, vous disposez de quarante jours. C'est un délai considérable, et beaucoup d'automobilistes le laissent filer en pensant que tout est déjà perdu.
Si la difficulté est passagère, appelez votre assureur avant l'échéance. Un échéancier est fréquemment accordé, surtout sur un contrat ancien sans sinistre. Un assureur préfère étaler un paiement que perdre un client et engager une procédure.
Si le prélèvement a échoué pour une raison technique — changement de banque, plafond atteint —, dites-le immédiatement. Un incident expliqué et réglé dans la journée ne laisse généralement aucune trace sur votre relevé d'information.
Si la cotisation est devenue trop lourde, demandez un aménagement du contrat plutôt que de cesser de payer : passer d'un tous risques à un tiers étendu, relever la franchise, revoir le kilométrage déclaré. Ces modifications réduisent la cotisation immédiatement.
Ce que la résiliation entraîne
Trois conséquences distinctes, qu'il faut séparer pour ne pas s'affoler inutilement.
La mention sur le relevé d'information. Le motif de résiliation y figure pendant cinq ans. C'est ce document que tout nouvel assureur consultera, et il n'existe aucun moyen de le faire disparaître.
La dette. Les cotisations dues jusqu'à la résiliation restent exigibles, et l'assureur peut en poursuivre le recouvrement. Un impayé non réglé complique nettement une nouvelle souscription : c'est le signal que redoutent les assureurs.
L'absence de couverture. Vous n'avez plus le droit de circuler. Le défaut d'assurance est un délit, sanctionné par une amende forfaitaire, et en cas d'accident responsable vous indemnisez les victimes sur vos fonds propres.
Sur ce dernier point, une précision qui surprend souvent : le Fonds de garantie indemnise la victime, puis se retourne contre vous. Sans limitation de durée, et sur votre patrimoine personnel. Un accident corporel peut représenter des sommes qu'une vie entière ne suffit pas à rembourser.
Régler la dette, en priorité
C'est l'action qui débloque tout le reste, et par laquelle il faut commencer.
Un assureur qui examine votre dossier distingue deux situations radicalement différentes. Un impayé régularisé est un incident passé : il figure au relevé, mais il est clos. Un impayé en cours est un risque actuel, et la plupart des assureurs refusent sur ce seul motif.
Si vous ne pouvez pas régler en une fois, négociez un échéancier avec l'assureur ou son service de recouvrement, et demandez un écrit confirmant l'accord. Ce document vous servira dans vos demandes : il prouve que la situation est prise en charge.
Conservez également la preuve du paiement final. Un assureur sollicité trois ans plus tard ne retrouvera pas nécessairement l'information, et c'est à vous de l'apporter.
Retrouver un assureur
La bonne nouvelle, et elle est réelle : une résiliation pour non-paiement est le profil aggravé le plus facile à replacer.
Elle ne dit rien de votre conduite. Votre coefficient de réduction-majoration peut être excellent, vos antécédents vierges de tout sinistre. Le seul point qui inquiète l'assureur est le risque de ne pas être payé — et ce point se traite directement.
Le paiement annuel comptant lève l'objection principale. C'est exigeant en trésorerie, mais c'est ce qui débloque la quasi-totalité des dossiers. Beaucoup d'assureurs qui refusent un prélèvement mensuel acceptent un règlement unique.
Les assureurs spécialisés dans les profils aggravés acceptent ces dossiers avec des garanties complètes, à des tarifs supérieurs. L'écart se réduit chaque année sans nouvel incident.
Le choix du véhicule pèse davantage qu'on ne le croit. Une petite cylindrée de faible valeur se place beaucoup plus facilement qu'une berline puissante, et sur un véhicule ancien une formule au tiers suffit généralement.
Une précaution importante : ne multipliez pas les demandes au hasard. Chaque refus alourdit un dossier, et une série de refus se lit comme un signal négatif. Trois demandes ciblées valent mieux que dix envoyées à l'aveugle.
Déclarer honnêtement
La tentation de taire la résiliation existe. Elle se retourne systématiquement contre celui qui y cède.
Le motif figure sur votre relevé d'information, que l'assureur demandera. Omettre de le signaler transforme un dossier difficile en fausse déclaration : l'assureur peut alors opposer la nullité du contrat, c'est-à-dire refuser toute prise en charge, y compris sur un sinistre sans rapport.
Vous vous retrouvez alors dans une situation bien pire que celle que vous cherchiez à éviter : non seulement sans couverture, mais avec un second motif de résiliation à votre dossier.
Déclarez donc le motif tel quel, et accompagnez-le de la preuve de régularisation. Un dossier complet et assumé passe nettement mieux qu'un dossier incomplet découvert ensuite.
Si personne n'accepte
Un recours existe, et il aboutit.
Le Bureau central de tarification peut être saisi par tout conducteur qui s'est vu refuser la garantie de responsabilité civile obligatoire. Il désigne un assureur et fixe la prime ; l'assureur désigné ne peut pas se soustraire.
La condition préalable est un refus caractérisé. Adressez à un assureur une demande portant sur la seule responsabilité civile, par lettre recommandée avec accusé de réception : l'absence de réponse dans le délai prévu vaut refus et ouvre la saisine.
Deux limites à connaître. Le BCT n'impose que la responsabilité civile : ni dommages, ni vol, ni protection du conducteur. Et le tarif fixé peut être élevé. C'est une solution de dernier ressort, à n'utiliser qu'après avoir épuisé les assureurs spécialisés.
La saisine est gratuite. Aucun intermédiaire payant n'est nécessaire.
Ne pas recommencer
Un second impayé après une résiliation pour ce motif ferme durablement les portes. Quelques précautions évitent la rechute.
Choisissez une échéance adaptée à vos rentrées. Un prélèvement le 5 du mois alors que votre salaire arrive le 28 est une fragilité inutile. La date de prélèvement se modifie sur simple demande.
Privilégiez le paiement annuel si vous le pouvez. Il supprime le risque d'incident mensuel, et il évite les frais de fractionnement, qui représentent couramment de 3 à 8 % de la cotisation.
Signalez tout changement bancaire avant qu'il ne produise un rejet. Un prélèvement refusé pour un compte clos est évitable.
Réajustez le contrat plutôt que de subir. Si la cotisation devient lourde, revoyez les garanties avant l'échéance suivante. Un contrat allégé que vous payez vaut infiniment mieux qu'un contrat complet que vous ne payez plus.
Reconstruire son dossier
La situation n'est pas définitive, et la progression est mécanique.
La mention de résiliation figure cinq ans sur le relevé d'information. Mais la plupart des assureurs cessent de la considérer comme rédhibitoire au bout de trois ans sans nouvel incident.
Pendant cette période, payez rigoureusement et sans retard. C'est le seul élément que vous maîtrisez entièrement, et c'est précisément celui que l'assureur regarde.
Votre coefficient de réduction-majoration continue par ailleurs d'évoluer favorablement : chaque année sans sinistre responsable le réduit de 5 %. Une résiliation pour non-paiement ne l'affecte pas.
Et recomparez chaque année. La progression est réelle, mais elle ne se traduit dans votre cotisation que si vous la faites valoir : aucun assureur ne baissera spontanément votre tarif.
Comprendre son relevé d'information
C'est la pièce centrale de tout votre parcours, et peu d'automobilistes l'ont déjà lue.
Il retrace vos cinq dernières années : votre coefficient de réduction-majoration et son évolution, la liste des sinistres déclarés avec leur nature et votre part de responsabilité, les dates de souscription et de résiliation, et le motif de cette dernière.
Votre assureur doit vous le remettre sous quinze jours à compter de votre demande, y compris après une résiliation. S'il tarde, relancez par écrit : ce document conditionne toute nouvelle souscription.
Vérifiez-le attentivement. Les erreurs existent : un sinistre imputé à tort, une part de responsabilité mal enregistrée, un coefficient non mis à jour après une année sans accident. Une contestation se fait par écrit, pièces à l'appui, et aboutit régulièrement.
Vérifiez en particulier que le motif indiqué est bien le non-paiement. Une résiliation pour non-paiement et une résiliation après sinistres ne se lisent pas du tout de la même façon, et une erreur de motif vous pénaliserait pour une faute que vous n'avez pas commise.
Si la résiliation vous paraît injustifiée
Il arrive qu'une procédure soit engagée à tort, et vous disposez de recours.
Les cas les plus fréquents : une mise en demeure jamais reçue parce qu'adressée à une ancienne adresse, un prélèvement rejeté par erreur bancaire puis représenté, ou un paiement effectué dans les délais mais mal imputé.
Commencez par une réclamation écrite auprès du service clients de l'assureur, en joignant vos preuves de paiement ou de changement d'adresse. Conservez une copie et l'accusé de réception.
Si la réponse ne vous satisfait pas, saisissez le service réclamations de la compagnie, distinct du service commercial, puis le médiateur de l'assurance. Sa saisine est gratuite, elle suppose d'avoir épuisé les recours internes, et son avis est rendu dans un délai encadré.
Ces démarches n'empêchent pas de chercher un nouveau contrat en parallèle : vous ne pouvez pas rester sans assurance en attendant une décision.
Les autres motifs de résiliation
Une précision utile, car les profils ne se valent pas et les solutions diffèrent.
Un assureur peut résilier pour non-paiement, le cas traité ici, mais aussi après une aggravation du risque, après des sinistres répétés si le contrat le prévoit, après une fausse déclaration, ou à la suite d'une infraction ayant entraîné une suspension ou une annulation du permis.
Ces motifs n'ont ni la même gravité ni le même traitement. Le non-paiement est le plus facile à replacer : il ne met en cause ni votre conduite ni votre loyauté, seulement un incident financier.
Si votre résiliation relève d'un autre motif, consultez le guide correspondant : les leviers ne sont pas les mêmes, et appliquer la mauvaise méthode fait perdre du temps.
Ce qu'il faut retenir
Vous disposez de quarante jours entre la mise en demeure et la résiliation. Un paiement intégral pendant ce délai remet le contrat en vigueur.
Réglez la dette avant toute démarche : un impayé en cours fait refuser presque tous les dossiers, un impayé réglé est un incident clos.
Proposez le paiement annuel comptant, qui lève l'objection principale, et déclarez le motif honnêtement — il figure de toute façon sur votre relevé.
Et ne roulez jamais pendant la suspension des garanties : le contrat existe encore, mais vous n'êtes plus couvert.
Bon à savoir
Questions fréquentes
L'assurance au tiers couvre uniquement les dommages causés à autrui. Le tous risques indemnise également votre véhicule, y compris lorsque vous êtes responsable. Le tiers est souvent suffisant pour un véhicule ancien de faible valeur ; le tous risques se justifie pour un véhicule récent ou financé.
Oui, après un an de contrat, sans motif ni frais, avec un préavis d'un mois. Votre nouvel assureur peut se charger des démarches, ce qui évite tout risque d'interruption de garantie. Avant un an, la résiliation intervient à l'échéance annuelle avec un préavis de deux mois, ou lors d'un changement de situation.
Oui. Certains assureurs sont spécialisés sur ces profils. Le tarif est plus élevé, mais une solution existe presque toujours. Indiquez votre situation dans votre demande : cela nous évite de vous orienter vers des offres qui vous seraient refusées.
C'est le document qui retrace vos cinq dernières années d'assurance : coefficient bonus-malus, sinistres déclarés, motif de résiliation éventuel. Votre assureur doit vous le remettre sous quinze jours à compter de votre demande. Demandez-le systématiquement, même sans projet de changement.
Depuis la loi Hamon, vous pouvez résilier à tout moment après un an de contrat, avec un préavis d'un mois. Le nouvel assureur se charge généralement des démarches pour vous.
Le coefficient part de 1,00 à la première souscription. Chaque année sans sinistre responsable le réduit, jusqu'au plancher de 0,50 atteint après treize ans. Chaque sinistre responsable le majore. Le plafond est fixé à 3,50. Après deux années consécutives sans sinistre responsable, le coefficient revient à 1,00 quel qu'ait été le malus accumulé.
Non. Une demande de comparaison est gratuite et sans engagement. Vous restez libre de ne pas souscrire.
Oui. Une résiliation restreint l'accès à l'assurance sans le fermer, et le motif compte davantage que le fait lui-même : un impayé soldé est mieux accepté qu'une série de sinistres. Des assureurs se positionnent spécifiquement sur ces profils. En dernier recours, le Bureau central de tarification peut imposer à un assureur de vous couvrir en responsabilité civile.
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Sophie D.
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