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Auto et moto

Assurance moto : tiers, tiers étendu ou tous risques ?

5 juillet 2026 · 7 min de lecture

L'écart de cotisation va du simple au triple. Le bon choix ne dépend pas de votre budget mais d'un calcul simple, que peu de motards font.

Entre le tiers, le tiers étendu et le tous risques, l'écart de cotisation peut aller du simple au triple. Le bon choix ne dépend pas de votre budget mais d'un calcul simple, que peu de motards font.

Les trois formules

L'assurance au tiers couvre uniquement les dommages que vous causez à autrui. C'est l'obligation légale minimale, et elle ne couvre rien de ce qui arrive à votre machine.

Le tiers étendu ajoute généralement le vol, l'incendie, le bris de glace et parfois les catastrophes naturelles. Il couvre les dommages subis par votre deux-roues sans qu'un accident soit en cause.

Le tous risques ajoute les dommages consécutifs à un accident, y compris lorsque vous êtes responsable ou en l'absence de tiers identifié.

Ces intitulés ne sont pas normalisés : ce que couvre exactement un « tiers étendu » varie d'un assureur à l'autre. C'est le tableau de garanties qui fait foi, pas le nom de la formule.

Le calcul qui tranche

Il tient en trois chiffres et cinq minutes.

Prenez la valeur de remplacement de votre machine : ce qu'elle vaut aujourd'hui à l'argus, pas ce que vous l'avez payée.

Prenez l'écart annuel de cotisation entre le tous risques et le tiers étendu.

Divisez le premier par le second. Vous obtenez le nombre d'années au bout duquel la formule complète aura coûté la valeur de la moto.

Si ce nombre est inférieur à trois ou quatre, la question mérite d'être posée sérieusement. Sur une machine de dix ans valant deux mille euros, avec un écart de cotisation de six cents euros, le tous risques coûte la valeur du véhicule en trois ans — sans compter la franchise, qui reste à votre charge en cas de sinistre.

N'oubliez pas la franchise justement : sur un sinistre responsable avec une franchise de cinq cents euros, l'indemnité nette sur une machine de deux mille euros ne représente pas grand-chose.

Le vol, le vrai risque du deux-roues

C'est le point où le raisonnement diffère de l'automobile.

Un deux-roues se vole facilement, se transporte facilement, et se démonte pour pièces. La fréquence des vols est sans commune mesure avec celle des voitures, particulièrement en milieu urbain et sur certains modèles.

C'est pourquoi le tiers étendu est souvent le meilleur compromis en usage urbain : il couvre le risque le plus probable sans le coût du tous risques.

Mais la garantie vol est très encadrée. Elle est presque toujours conditionnée à un antivol homologué, parfois d'une marque ou d'un niveau précis. En cas de vol, la facture de l'antivol et les clés sont demandées.

Deux réflexes : conservez la facture de l'antivol dès l'achat, et photographiez le numéro de série de votre machine. Ces deux éléments accélèrent considérablement un dossier.

Certains modèles très volés sont conditionnés à un traceur, ou refusés en garantie vol. Vérifiez-le avant l'achat de la machine.

La garantie qu'il ne faut jamais sacrifier

Quelle que soit la formule, une ligne ne se négocie pas : la protection du conducteur.

En deux-roues, le pilote est exposé directement, sans habitacle ni ceinture. Les conséquences corporelles d'un accident sont sans comparaison avec l'automobile.

Or cette garantie n'est pas incluse dans la responsabilité civile : si vous êtes responsable de l'accident, rien ne couvre vos propres blessures sans elle.

Regardez le capital en euros, pas seulement la présence de la garantie. Les écarts entre contrats sont considérables, et un capital faible ne couvre pas une invalidité durable.

Vérifiez aussi le seuil de déclenchement : certains contrats n'interviennent qu'au-delà d'un taux d'incapacité minimal, ce qui exclut les préjudices modérés mais réels.

L'équipement du pilote

Une garantie spécifique au deux-roues, et systématiquement sous-estimée.

Casque homologué, blouson, gants, bottes, dorsale : l'ensemble représente une somme importante, et il est détruit à la première chute sérieuse. Sans garantie dédiée, il reste intégralement à votre charge.

Trois points à vérifier : le plafond, la vétusté appliquée — certains contrats indemnisent à neuf pendant les premières années — et l'exigence éventuelle de factures.

Conservez ces factures dans un dossier numérique dès l'achat. C'est la démarche la plus simple et celle qu'on regrette de ne pas avoir faite.

L'assistance et son seuil

Un détail qui n'en est pas un.

Beaucoup de contrats déclenchent l'assistance au-delà d'une distance minimale du domicile — souvent vingt-cinq ou cinquante kilomètres. Une panne à deux kilomètres de chez vous n'est alors pas couverte.

L'assistance 0 km supprime cette condition. Sur un deux-roues utilisé quotidiennement, elle se justifie : les pannes se produisent statistiquement là où l'on roule le plus, c'est-à-dire près de chez soi.

Vérifiez également ce que couvre l'assistance : remorquage seul, ou également rapatriement du pilote et du passager, hébergement, véhicule de remplacement.

La formule hivernage

Une option intéressante pour les motards saisonniers, et piégeuse pour les autres.

Le principe : le deux-roues est couvert au garage — vol, incendie, dommages — mais pas en circulation pendant une période définie, généralement de novembre à mars.

L'économie est réelle. La contrainte l'est aussi : rouler pendant la période d'hivernage vous laisse sans garantie dommages, et parfois sans responsabilité civile selon les contrats — auquel cas vous êtes en situation de défaut d'assurance.

À ne choisir que si l'immobilisation est certaine, pas simplement probable. Une belle journée de février suffit à créer le problème.

Déclarer le bon usage

Ce qui protège la couverture, et ne coûte pas grand-chose.

Un usage loisir suppose une utilisation occasionnelle. Un usage trajets quotidiens couvre le domicile-travail. L'usage professionnel concerne les déplacements dans le cadre du travail, et la livraison relève d'une catégorie à part.

Déclarer un usage loisir alors qu'on roule tous les jours pour aller travailler est une fausse déclaration. Au sinistre, elle entraîne une réduction proportionnelle de l'indemnité.

L'écart de cotisation entre loisir et trajets quotidiens est réel mais modéré. Il ne justifie jamais le risque.

Même logique pour le stationnement : un garage fermé réduit la cotisation, mais le déclarer alors qu'on stationne dehors expose la garantie vol — précisément celle qu'on voulait obtenir moins cher.

Quelle formule pour quel profil

Quelques repères, à ajuster à votre situation.

Machine ancienne de faible valeur, usage urbain : tiers étendu, avec une bonne protection du conducteur et la garantie équipement. Le tous risques ne se justifie pas.

Machine récente ou financée : tous risques, généralement exigé par l'organisme prêteur, et de toute façon cohérent avec la valeur.

Jeune permis sur occasion : tiers étendu, et budget concentré sur la protection du conducteur. La formule complète est particulièrement chère pour un novice.

Usage saisonnier avec garage : formule hivernage, si l'immobilisation est certaine.

Ce qu'il faut retenir

Faites le calcul : valeur de remplacement divisée par l'écart annuel de cotisation. Il tranche la question du tous risques mieux que n'importe quelle intuition.

Ne sacrifiez jamais la protection du conducteur, et regardez son capital en euros.

Et vérifiez les conditions de la garantie vol avant d'acheter la machine, pas après.

Notre page assurance moto présente les formules, et nos guides scooter et 125 et jeune permis traitent les profils spécifiques. Vous pouvez demander un devis pour comparer sur votre situation réelle.

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