Moto
Jeune permis moto : la surprime et comment la réduire
Une majoration s'applique les trois premières années. Plusieurs leviers permettent de la limiter sensiblement.
- Une majoration dégressive sur trois ans
- Le permis A2 limite la puissance et le tarif
- Le choix de la première moto pèse lourd
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Moto, scooter, 125 : cylindrée, usage, équipement du pilote et formule souhaitée.
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À retenir
Les garanties à ne pas sacrifier
Réduire le budget est légitime, mais deux postes ne se négocient pas.
Protection du conducteur
Le poste le plus important pour un pilote débutant. Regardez le capital, pas seulement la présence de la garantie.
Priorité
Équipement du pilote
Un équipement neuf représente une somme importante, et il est détruit à la première chute.
Responsabilité civile
Le minimum légal. Suffisant sur une moto d'occasion de faible valeur.
Assistance
Une panne en début de pratique arrive vite. Vérifiez le seuil de déclenchement.
Vol
Utile si la moto est stationnée sur voie publique, conditionnée à un antivol homologué.
Dommages tous accidents
Coûteuse pour un jeune permis. À évaluer selon la valeur réelle de la moto.
Les garanties réellement acquises dépendent de la formule souscrite et des conditions générales de l'assureur retenu.
Un motard qui vient d'obtenir son permis paie plus cher, c'est mécanique. Mais l'écart entre un dossier bien construit et un dossier subi se compte en centaines d'euros par an, et plusieurs leviers dépendent entièrement de vous.
Pourquoi une surprime
Les statistiques de sinistralité des conducteurs novices en deux-roues sont défavorables, particulièrement sur les premiers mois de pratique. Les assureurs appliquent donc une majoration pendant les premières années.
Elle s'ajoute au coefficient bonus-malus, qui démarre à 1,00 pour tout le monde. Un jeune permis n'a donc pas de malus : il a une surprime, ce qui n'est pas la même chose et n'a pas la même durée.
Comment elle diminue
La majoration est dégressive : elle se réduit chaque année sans sinistre responsable, et disparaît généralement au bout de trois ans.
Un sinistre responsable pendant cette période a un double effet : il majore le coefficient bonus-malus et prolonge l'application de la surprime. C'est ce cumul qui rend les premières années coûteuses après un accident.
Conséquence pratique : les trois premières années méritent une prudence particulière, non seulement pour votre sécurité mais aussi pour votre budget des dix suivantes.
Le permis A2
Le permis A2 limite la puissance de la machine, et cette limitation joue en votre faveur sur le tarif.
Une moto bridée A2 est moins chère à assurer qu'une machine de puissance libre, à valeur équivalente. Le bridage doit être conforme et documenté : conservez le certificat et la facture de l'intervention.
Un point de vigilance : rouler avec une machine débridée alors que votre permis ne l'autorise pas fait tomber la garantie. C'est l'un des cas où l'assureur refuse sans discussion, et où vous restez seul face aux conséquences d'un accident.
Choisir sa première moto
C'est le levier le plus puissant, et il se joue avant même la demande de devis.
Une cylindrée modérée coûte nettement moins cher à assurer qu'une sportive, même bridée. Le type de machine compte autant que la puissance : les roadsters et les trails sont mieux tarifés que les sportives, à cylindrée égale.
Une machine d'occasion de valeur modérée permet de se contenter d'une formule au tiers ou tiers étendu, ce qui réduit encore la cotisation.
Un modèle peu volé évite les conditions restrictives sur la garantie vol. Renseignez-vous avant l'achat : certains modèles sont refusés en garantie vol par plusieurs assureurs.
Les leviers pour payer moins
Cinq possibilités, par ordre d'efficacité.
Choisir une machine adaptée, comme évoqué ci-dessus. C'est de loin le levier principal.
Opter pour une formule au tiers ou tiers étendu sur une moto d'occasion : la formule tous risques est particulièrement chère pour un jeune permis.
Déclarer un stationnement en garage fermé si vous en disposez.
Accepter une franchise plus élevée, ce qui réduit la cotisation. À condition de pouvoir l'assumer, ce qui mérite réflexion en début de vie active.
Régler la cotisation annuellement plutôt que mensuellement : les frais de fractionnement représentent couramment plusieurs pour cent.
Un levier à éviter : ne sacrifiez pas la protection du conducteur. C'est tentant parce qu'elle coûte, mais en deux-roues le pilote est exposé directement, et un accident corporel a des conséquences sans commune mesure avec une économie annuelle.
La formation passerelle
Après deux ans de permis A2, une formation de sept heures permet d'accéder au permis A et donc à des machines de puissance libre.
Signalez ce passage à votre assureur : il modifie la machine assurable, et parfois le tarif. Ne changez pas de moto avant d'avoir la formation validée et l'accord de l'assureur sur le nouveau véhicule.
Sachez aussi que passer d'une A2 à une machine puissante à ce moment-là fait remonter la cotisation, indépendamment de l'ancienneté acquise. Le calcul mérite d'être fait avant l'achat.
Les erreurs à éviter
Se faire assurer sous le nom d'un parent en se déclarant conducteur secondaire. C'est une fausse déclaration caractérisée : au sinistre, l'indemnité est réduite ou refusée, et la résiliation pour fausse déclaration complique durablement l'accès à l'assurance.
Sous-déclarer le kilométrage ou l'usage pour obtenir un meilleur tarif. Même conséquence.
Rouler pendant le délai d'attente d'une formation obligatoire non encore suivie.
Négliger l'équipement. Au-delà de la sécurité, un équipement neuf représente une somme importante que la garantie dédiée couvre pour un coût modeste.
L'équipement, un budget à part
Un point que les jeunes motards découvrent en faisant les comptes.
Un équipement complet — casque homologué, blouson, gants, bottes, dorsale — représente une somme comparable à plusieurs mois de cotisation, et il est détruit à la première chute sérieuse. Sans garantie dédiée, il reste intégralement à votre charge.
La garantie équipement du pilote coûte peu et couvre ce poste. Vérifiez trois points : le plafond, la vétusté appliquée — certains contrats indemnisent à neuf les premières années — et l'exigence éventuelle de factures.
Conservez les factures dès l'achat, dans un dossier numérique. C'est la démarche la plus simple et celle qu'on regrette de ne pas avoir faite.
Comment choisir
Trois questions dans l'ordre.
Quelle machine ? Le choix précède la demande de devis, et il pèse plus que tout le reste. Demandez une estimation avant d'acheter.
Quelle formule ? Sur une occasion de valeur modérée, le tiers étendu couvre l'essentiel — vol et incendie — sans le coût du tous risques.
Quel capital sur la protection du conducteur ? C'est la ligne à ne pas sacrifier, et celle qu'il faut comparer en euros entre les contrats.
Bon à savoir
Questions fréquentes
Pas nécessairement : avec un permis B depuis plus de deux ans et une formation de sept heures, vous pouvez conduire une 125 cm³ ou un scooter équivalent. L'assureur vous demandera l'attestation de formation.
Oui, selon le même barème que l'automobile : de 0,50 à 3,50. Un coefficient acquis en auto n'est toutefois pas transféré automatiquement en moto, les contrats étant distincts. Fournissez votre relevé d'information dans les deux cas.
Elle indemnise le vol du véhicule, mais presque toujours sous condition : antivol homologué SRA, parfois stationnement en lieu clos la nuit. Un vol sans antivol posé peut être refusé.
Seulement si vous avez souscrit la garantie dédiée. Casque, blouson, gants et bottes représentent facilement plus d'un millier d'euros et sont détruits dans une chute. Vérifiez le plafond, la vétusté appliquée et l'exigence éventuelle de factures.
Certains contrats proposent une formule hivernage qui réduit les garanties et la cotisation sur les mois de remisage. Attention : une moto stationnée sur la voie publique doit rester assurée en responsabilité civile.
La plupart des contrats l'exigent, parfois d'un niveau ou d'une marque précise, et demandent la facture ainsi que les clés en cas de sinistre. Un antivol non conforme suffit à faire refuser la garantie : vérifiez les conditions exactes avant l'achat.
Une formule dans laquelle le deux-roues est couvert au garage — vol, incendie, dommages — mais pas en circulation pendant une période définie, généralement de novembre à mars. L'économie est réelle, mais rouler pendant cette période vous laisse sans garantie dommages. À ne choisir que si l'immobilisation est certaine.
Oui, après avoir suivi la formation de sept heures prévue à cet effet, sauf si vous justifiez d'une pratique antérieure dans les conditions prévues par la réglementation. L'attestation de formation vous sera demandée à la souscription.
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Sophie D.
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