Garantie décennale
Décennale serrurier-métallier : des ouvrages qui engagent la sécurité
Garde-corps, escaliers, structures métalliques : lorsque l'ouvrage protège des personnes, sa défaillance ne se discute pas — l'impropriété à destination est immédiate.
- Garde-corps et escaliers : fonction de sécurité
- Scellements et fixations, cause première des désordres
- Corrosion : un désordre qui apparaît dans les dix ans
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Les garanties
Ce que couvre votre décennale serrurier-métallier
Les postes sur lesquels votre responsabilité peut être engagée pendant dix ans.
Garde-corps et protections
Hauteur, résistance aux efforts, remplissage : un garde-corps non conforme rend le local dangereux.
Décennale
Escaliers métalliques
Structure, marches, limons, fixations. Un escalier qui vibre ou se déforme n'est plus utilisable normalement.
Scellements et ancrages
Chevilles inadaptées au support, profondeur insuffisante : l'origine de la majorité des sinistres du métier.
Structures métalliques
Ossatures, poutres, planchers collaborants : activité proche de la charpente métallique, souvent distincte.
À vérifier
Protection anticorrosion
Galvanisation, thermolaquage : une protection inadaptée à l'exposition conduit à la ruine progressive de l'ouvrage.
Portails et fermetures
Éléments souvent dissociables, relevant de la garantie de bon fonctionnement, sauf atteinte à la sécurité.
Deux ans
Les garanties acquises dépendent des activités figurant sur votre attestation. La charpente métallique et les structures porteuses font l'objet de déclarations distinctes chez la plupart des assureurs.
La métallerie occupe une position particulière dans le second œuvre. La plupart de ses ouvrages sont dissociables au sens technique — on peut déposer un garde-corps sans détériorer le bâtiment. Mais beaucoup remplissent une fonction de sécurité des personnes, et cette fonction fait basculer l'appréciation : un ouvrage qui ne protège plus rend le local dangereux, donc impropre à sa destination.
Quand la sécurité est en jeu
La jurisprudence est constante sur ce point : lorsqu'un ouvrage a pour objet de prévenir une chute ou de permettre une circulation sûre, sa non-conformité ou sa défaillance engage la décennale, indépendamment de son caractère dissociable.
Trois familles d'ouvrages sont concernées : les garde-corps et protections d'allège, les escaliers et leurs rampes, et les passerelles et plateformes de circulation.
Une particularité mérite d'être signalée. Contrairement à la plupart des désordres, qui supposent une manifestation concrète, une non-conformité constatée suffit. Un garde-corps à la hauteur insuffisante engage votre responsabilité sans qu'il soit nécessaire d'attendre une chute. C'est ce qui rend le contrôle dimensionnel si important avant livraison.
Les conséquences d'un accident dépassent d'ailleurs le champ de l'assurance : la responsabilité pénale du chef d'entreprise peut être recherchée, et aucune police ne s'y substitue.
Ce que couvre l'activité
L'activité « serrurerie et métallerie » couvre habituellement les garde-corps, mains courantes et rambardes, les escaliers métalliques et passerelles, les portails, portillons et clôtures, les grilles et protections, les menuiseries métalliques intérieures, les vérandas métalliques selon les contrats, et les ouvrages de serrurerie courants.
Les structures porteuses — ossatures, poutres, poteaux, planchers collaborants — relèvent souvent de la charpente métallique, activité distincte. La frontière n'est pas toujours nette, et elle mérite d'être clarifiée avec votre assureur si vous réalisez ce type d'ouvrages.
Les automatismes de portails et les équipements motorisés sont généralement des éléments dissociables relevant de la garantie de bon fonctionnement, sauf lorsqu'ils engagent la sécurité — un portail lourd dont le système de retenue est défaillant, par exemple.
Les garde-corps
C'est l'ouvrage le plus exposé du métier, et celui dont les caractéristiques sont les plus encadrées.
Trois paramètres déterminent la conformité. La hauteur de protection, mesurée depuis la zone de stationnement normal, qui varie selon l'épaisseur de l'allège. La résistance aux efforts horizontaux, qui dépend de l'usage du lieu — un logement, un local recevant du public et une zone de forte affluence n'ont pas les mêmes exigences. Et le remplissage, dont les vides ne doivent pas permettre le passage d'un jeune enfant, avec des règles spécifiques pour la partie basse.
Deux erreurs reviennent régulièrement. Le garde-corps escaladable : des éléments horizontaux en partie basse forment une échelle. Et la hauteur insuffisante après travaux : la pose d'un nouveau revêtement de sol, d'une terrasse sur plots ou d'un plancher rapporté réduit la hauteur utile du garde-corps existant. Si vous intervenez après ces travaux, vous êtes réputé avoir vérifié.
Le contrôle dimensionnel avant livraison, consigné par écrit, est le geste le plus rentable du métier. Il prend cinq minutes et il tranche un litige.
Les scellements
Un garde-corps parfaitement conçu ne vaut que par sa fixation. La majorité des sinistres du métier vient de là.
Le support détermine tout : béton plein, béton banché, brique creuse, parpaing, bois, isolant traversé par une fixation. Une cheville dimensionnée pour du béton n'a aucune tenue dans une brique creuse ou dans un doublage isolant.
La profondeur d'ancrage, les distances aux bords et l'entraxe conditionnent la résistance. Un ancrage trop proche d'une rive fait éclater le béton sous effort.
Les scellements chimiques supposent un nettoyage du trou, un temps de polymérisation respecté et une température compatible. Un scellement réalisé par temps froid sans précaution ne développera jamais sa résistance nominale.
Le cas le plus délicat est la fixation à travers une isolation extérieure : la fixation traverse un matériau compressible, ce qui crée un effet de levier et un pont thermique. Des systèmes spécifiques existent, et leur usage est impératif.
Sur les ouvrages importants, un essai d'arrachement sur quelques points est un investissement modeste au regard de l'enjeu.
La corrosion
La corrosion est le désordre différé du métier : elle n'apparaît pas à la réception, mais bien dans les dix ans, ce qui la place pleinement dans le champ décennal.
La protection doit être adaptée à l'exposition : atmosphère rurale, urbaine, industrielle ou marine n'appellent pas les mêmes systèmes. Un ouvrage posé en bord de mer avec une protection standard se dégrade en quelques années.
Trois précautions techniques. La galvanisation à chaud avant assemblage, lorsque c'est possible : souder après galvanisation détruit la protection localement, et ces zones seront les premiers points de corrosion. Le traitement des soudures et des retouches, systématique. Et la séparation des métaux différents, dont le contact crée une corrosion galvanique — acier et aluminium, acier et inox notamment.
Un ouvrage corrodé perd sa résistance mécanique. Sur un garde-corps ou un escalier, cela ramène au risque de sécurité.
Les sinistres les plus fréquents
Le descellement
Le garde-corps bouge, se descelle sous effort. Fixations inadaptées au support, nombre insuffisant, ou support lui-même défaillant.
La non-conformité dimensionnelle
Hauteur insuffisante, vides trop importants, remplissage escaladable. Constaté par simple mesure, il ne se discute pas.
La corrosion prématurée
Coulures de rouille, dégradation des soudures, perte de section. Souvent liée à une protection inadaptée à l'exposition ou détruite lors des assemblages.
Les déformations et vibrations
Un escalier qui vibre à la marche, une passerelle qui fléchit : le confort d'usage est atteint, et selon l'ampleur, l'ouvrage devient impropre à sa destination.
Les infiltrations aux points de fixation
Une platine fixée en façade ou sur une terrasse crée un percement. Sans traitement d'étanchéité, l'eau s'infiltre — et le désordre est attribué à celui qui a percé.
Escaliers et planchers
Un escalier métallique combine structure et sécurité, ce qui en fait un ouvrage particulièrement exposé.
Le dimensionnement doit tenir compte des charges d'exploitation du lieu, et le comportement dynamique compte autant que la résistance statique : un escalier peut être parfaitement résistant et vibrer de façon inacceptable.
Les caractéristiques dimensionnelles — hauteur de marche, giron, échappée, largeur — relèvent de règles précises et, en établissement recevant du public, d'exigences réglementaires. Une non-conformité rend le local non exploitable.
Les nez de marche et le traitement antidérapant participent à la sécurité d'usage, et leur défaut a déjà donné lieu à des mises en cause.
Structures et charpente métallique
Beaucoup de métalliers réalisent occasionnellement des ouvrages structurels : reprise d'une poutre, ossature d'extension, plancher métallique, mezzanine.
Ces prestations relèvent généralement de la charpente métallique, activité distincte de la serrurerie. Le risque n'est pas le même : un défaut de dimensionnement compromet la solidité de l'ouvrage, avec des conséquences sans commune mesure.
Deux réflexes s'imposent : vérifier que l'activité figure sur votre attestation avant d'accepter ce type de chantier, et faire dimensionner par un bureau d'études plutôt qu'à l'expérience. La note de calcul est votre document de défense, exactement comme pour le charpentier bois.
Intervenir sur un ouvrage existant
Remplacer un garde-corps, reprendre une rampe, poser un escalier dans un bâtiment ancien pose la question habituelle de l'existant — avec une acuité particulière ici, puisque la sécurité est en jeu.
Deux situations méritent attention.
Le support douteux. Une allège en brique creuse, un béton dégradé, un support fissuré ne permettent pas d'ancrage fiable. Poser malgré tout revient à livrer un ouvrage de sécurité qui ne tiendra pas sous effort. La seule position tenable est le renforcement du support, chiffré, ou le refus écrit.
Le maintien d'ouvrages non conformes. Si vous intervenez sur une partie seulement — remplacer une section de garde-corps, ajouter une main courante — sans traiter les non-conformités du reste, votre position est fragile : vous êtes intervenu sur l'ouvrage, et un accident survenant sur une autre section vous impliquera dans la discussion.
Le réflexe utile : relever par écrit les non-conformités constatées, chiffrer leur reprise, et conserver le refus le cas échéant. Ce document de dix lignes vous distingue de celui qui a « simplement fait ce qu'on lui demandait ».
Établissements recevant du public
Travailler en établissement recevant du public change les exigences applicables à vos ouvrages, et un manquement rend le local non conforme — donc impropre à sa destination.
Les circulations et dégagements obéissent à des règles de largeur, de sens d'ouverture des portes et de dispositifs d'ouverture. Une porte de dégagement équipée d'une serrure à clé, alors qu'un dispositif manœuvrable sans clé est requis, est une non-conformité caractérisée.
L'accessibilité impose des règles précises sur les mains courantes — hauteur, prolongement, préhension —, sur les nez de marche contrastés, et sur les efforts d'ouverture des portes et portails.
Les garde-corps y répondent à des exigences de résistance supérieures à celles du logement, en raison de l'affluence.
La commission de sécurité constate ces points lors des visites, et un avis défavorable empêche l'ouverture ou l'exploitation du local. Le préjudice pour le client dépasse alors largement le coût de la reprise, et il vous sera réclamé.
Vérifiez que votre contrat n'est pas limité au résidentiel si vous intervenez sur ce type de bâtiments.
Vitrages et remplissages
Les ouvrages métalliques intègrent fréquemment des remplissages vitrés, et ce point mérite attention.
Un garde-corps à remplissage verrier suppose un vitrage feuilleté de sécurité, dimensionné pour l'effort et pour conserver sa tenue après bris. Un vitrage trempé seul, qui se désagrège intégralement en cas de casse, ne convient pas à une fonction de protection.
Les allèges vitrées et les parties basses de menuiseries obéissent à des exigences comparables lorsqu'elles font office de protection contre les chutes.
La fixation du vitrage — pinces, profilés, engravement — conditionne sa tenue sous effort. Les préconisations du fabricant doivent être suivies sans adaptation.
Conservez les références et procès-verbaux des vitrages posés : c'est ce qui établira leur adéquation à l'usage.
L'assainissement non collectif
Lorsque le terrain n'est pas raccordable au réseau public, l'assainissement individuel devient nécessaire, et il obéit à un régime particulier.
La filière — fosse toutes eaux et traitement par le sol, filtre compact, micro-station — est déterminée par une étude de sol et de filière qui analyse la perméabilité, la profondeur de nappe et la surface disponible. Installer une filière inadaptée au terrain conduit à un dysfonctionnement inévitable : stagnation, remontées, nuisances olfactives.
Le contrôle du service public compétent intervient à la conception puis à l'exécution, avant remblaiement. Un contrôle non sollicité, ou une installation remblayée avant vérification, place votre client dans une situation irrégulière.
Les désordres observés relèvent presque toujours de trois causes : filière inadaptée au sol, surface de traitement insuffisante, et ventilation absente — une fosse non ventilée dégage des odeurs et se dégrade.
Cette activité fait généralement l'objet d'une déclaration distincte. Vérifiez-la avant de réaliser ce type de chantier, et conservez l'étude de filière ainsi que le rapport de contrôle.
Déclarations préalables et sols pollués
Deux obligations encadrent votre intervention, et leur oubli a des conséquences directes.
La déclaration d'intention de commencement de travaux auprès des exploitants de réseaux est obligatoire avant toute excavation. Elle permet d'identifier les réseaux enterrés existants. Endommager une canalisation de gaz ou un câble électrique sans avoir effectué cette déclaration engage votre responsabilité de façon aggravée, et les conséquences peuvent être dramatiques.
La gestion des terres excavées obéit à une réglementation sur les déchets. Des terres polluées ne peuvent pas être réutilisées librement ni évacuées n'importe où, et leur traçabilité doit être assurée. Sur un terrain à l'historique industriel, une analyse préalable est prudente.
Ces deux points relèvent moins de la décennale que de votre responsabilité civile et réglementaire, mais ils appartiennent au métier et pèsent dans l'appréciation d'un dossier d'assurance.
Ce qui fait votre tarif
La serrurerie-métallerie se situe en milieu de l'échelle des risques. Les sinistres sont moins fréquents que dans les métiers de l'eau, mais leur dimension sécuritaire les rend sensibles.
Les variables déterminantes sont la part de structures porteuses dans votre activité, la part d'ouvrages de sécurité — garde-corps, escaliers —, le type de bâtiments — les établissements recevant du public impliquent des exigences supérieures —, l'exposition des ouvrages posés, et les variables habituelles d'ancienneté, de chiffre d'affaires et de sinistralité.
Réduire votre risque
Consignez le contrôle dimensionnel des garde-corps avant livraison : hauteur mesurée, vides relevés, référence de la règle appliquée.
Identifiez le support avant de choisir les fixations, et notez-le. Sur un support douteux, réalisez un essai d'arrachement.
Photographiez les scellements avant habillage, et les platines avant finition.
Adaptez la protection anticorrosion à l'exposition réelle, et traitez systématiquement les soudures et retouches.
Traitez l'étanchéité de vos percements en façade et en terrasse, ou faites préciser au devis qui s'en charge.
Les documents à conserver
Pendant dix ans après réception : le devis et les plans d'exécution, le relevé dimensionnel des ouvrages de sécurité, la fiche technique des fixations avec le support identifié, les essais d'arrachement le cas échéant, les photos des scellements avant habillage, les justificatifs de protection anticorrosion, les notes de calcul pour les ouvrages structurels, le procès-verbal de réception, et votre attestation d'assurance de l'année du chantier.
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Sophie D.
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