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Garantie décennale

Décennale couvreur : l'activité qui déclare le plus de sinistres

L'infiltration est le désordre le plus fréquent du bâtiment. Le couvreur y est exposé en première ligne, avec des sinistres nombreux même s'ils sont rarement les plus coûteux.

  • Couverture, zinguerie et raccords
  • Étanchéité et charpente : des activités distinctes
  • Photovoltaïque : presque toujours une déclaration séparée

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Les garanties

Ce que couvre votre décennale couvreur

Les postes sur lesquels votre responsabilité peut être engagée pendant dix ans.

Couverture

Tuiles, ardoises, bacs. Une infiltration rendant le local inhabitable relève de la décennale.

Décennale

Zinguerie et évacuations

Chéneaux, noues, descentes. Un mauvais dimensionnement provoque des débordements répétés.

Raccords et pénétrations

Souches de cheminée, sorties de toit, lucarnes : les points singuliers concentrent l'essentiel des infiltrations.

Écran de sous-toiture

Sa pose conditionne le comportement de la couverture en cas de pluie battante ou de neige poudreuse.

Isolation sous rampants

Souvent réalisée par le couvreur, elle relève d'une activité qui peut être distincte.

À vérifier

Étanchéité et photovoltaïque

Toiture-terrasse et panneaux intégrés sont des activités à part, avec des exigences propres.

À déclarer

Les garanties acquises dépendent des activités figurant sur votre attestation. L'étanchéité de toiture-terrasse et le photovoltaïque ne sont pas compris dans l'activité couverture.

La couverture occupe une place particulière dans la sinistralité du bâtiment : c'est l'activité qui génère le plus de déclarations. Non parce que les couvreurs travaillent moins bien qu'ailleurs, mais parce que l'ouvrage est exposé en permanence aux intempéries, que le moindre défaut se traduit par une infiltration visible, et que l'occupant s'en aperçoit immédiatement.

Le métier le plus déclarant

L'infiltration est le désordre le plus fréquemment déclaré en assurance construction. Elle présente trois caractéristiques qui expliquent cette place.

Elle est immédiatement perceptible : une tache au plafond ne se discute pas. Contrairement à un défaut de fondation qui met des années à se manifester, l'infiltration se signale dès la première pluie battante.

Elle est récurrente : tant que la cause n'est pas traitée, le désordre revient à chaque épisode pluvieux, ce qui pousse le maître d'ouvrage à agir vite.

Elle endommage d'autres lots : isolation détrempée, plafonds à refaire, parquet gondolé, moisissures. Le coût de la reprise dépasse largement celui de la réparation de la couverture elle-même.

En contrepartie, les montants restent généralement inférieurs à ceux du gros œuvre. La couverture se situe donc dans une catégorie de risque intermédiaire : beaucoup de sinistres, d'un coût unitaire modéré, sauf lorsque l'infiltration a duré et dégradé la structure.

Ce que couvre l'activité couverture

L'activité couvre habituellement la pose des éléments de couverture — tuiles, ardoises, bacs acier, zinc, bardeaux —, les ouvrages de zinguerie — chéneaux, gouttières, noues, arêtiers, descentes —, les raccords et pénétrations — souches, sorties de toit, lucarnes, fenêtres de toit —, l'écran de sous-toiture, la ventilation de la couverture, et les accessoires — closoirs, chatières, faîtages.

Selon les contrats s'y ajoutent le petit entretien de charpente nécessaire à la pose, et l'isolation sous rampants lorsqu'elle est réalisée dans la foulée. Ce dernier point mérite vérification : l'isolation peut relever d'une activité distincte, et les désordres de condensation liés à une isolation mal ventilée sont fréquents.

Couverture, étanchéité, charpente

Trois activités voisines que la pratique confond, et que les contrats séparent.

La couverture traite les toitures en pente, où l'eau s'écoule par gravité et par recouvrement des éléments.

L'étanchéité traite les toitures-terrasses et les faibles pentes, où l'eau stagne et où la protection repose sur une membrane continue. C'est une technique entièrement différente, avec ses propres règles de mise en œuvre, et c'est l'une des activités les plus chargées en tarification. Un couvreur qui réalise une terrasse accessible sort presque toujours de son activité.

La charpente traite la structure porteuse. Remplacer un chevron, reprendre une panne, modifier une ferme relève du charpentier. La frontière est ténue en rénovation : un couvreur qui découvre une charpente dégradée et remplace des éléments engage sa responsabilité sur une activité qu'il n'a pas forcément déclarée.

Le conseil pratique est le même que pour les autres métiers : si vous réalisez régulièrement ces prestations, déclarez-les. Si vous les réalisez exceptionnellement et qu'elles restent accessoires à votre lot, la clause de travaux connexes peut les couvrir — vérifiez son pourcentage dans votre contrat.

Les sinistres les plus fréquents

L'infiltration au droit des points singuliers

La majorité des sinistres. Souche de cheminée, sortie de VMC, fenêtre de toit, jonction avec un mur : partout où la couverture est interrompue, l'étanchéité repose sur un ouvrage particulier plutôt que sur le simple recouvrement.

Le recouvrement insuffisant

Chaque type de couverture impose un recouvrement minimal, variable selon la pente, la zone climatique et l'exposition au vent. Un recouvrement calculé pour une pente forte, appliqué sur une pente faible, provoque des remontées d'eau par capillarité et sous l'effet du vent.

Le dimensionnement des évacuations

Un chéneau ou une descente sous-dimensionnés débordent lors des fortes pluies, avec des infiltrations en pied de mur ou en sous-face. Le désordre est saisonnier, ce qui retarde son signalement mais ne l'atténue pas.

La condensation sous couverture

Une ventilation insuffisante entre l'isolant et la couverture provoque une condensation qui détrempe l'isolation, dégrade la charpente et fait apparaître des moisissures. Le désordre est souvent attribué à une infiltration, alors qu'il vient de l'intérieur : la distinction se fait à l'expertise, et elle est déterminante pour l'imputation.

Les dégâts par tempête

L'arrachement d'éléments par le vent n'est pas systématiquement un sinistre décennal : un événement climatique exceptionnel relève de la garantie tempête du propriétaire. Mais si la fixation ne respectait pas les règles applicables à la zone de vent, la responsabilité du couvreur est engagée. La documentation des fixations mises en œuvre est donc essentielle.

Les points singuliers, où tout se joue

Si l'on devait résumer le métier du point de vue de l'assureur, ce serait par cette formule : la couverture courante pose peu de problèmes, les points singuliers en posent beaucoup.

Les souches de cheminée concentrent les infiltrations : bavette, solin, contre-solin, traitement de la partie amont. Une souche large, mal drainée en amont, crée une retenue d'eau.

Les noues reçoivent le ruissellement de deux versants : leur dimensionnement et leur mode de raccordement sont critiques.

Les fenêtres de toit supposent un raccordement conforme à la notice du fabricant, dont l'écart est un motif classique de refus de garantie du fabricant, et de responsabilité du poseur.

Les jonctions avec un mur — couverture contre pignon voisin, retour d'appentis — demandent un solin correctement encastré, et non un simple joint souple, dont la durée de vie est bien inférieure à dix ans.

Sur chacun de ces points, une photo avant recouvrement des tuiles vaut mieux qu'un long argumentaire ultérieur.

Rénovation et couverture existante

Intervenir sur une couverture existante pose la même difficulté qu'en électricité ou en maçonnerie : la limite entre votre travail et l'existant.

Une réfection partielle — remplacement de quelques tuiles, reprise d'un versant — vous rend responsable de votre partie, mais l'infiltration constatée ensuite sera d'abord imputée à votre intervention, la plus récente. Établissez un constat écrit de l'état de la couverture avant travaux, avec photos.

Le refus de préconisation doit être documenté. Si vous constatez qu'un écran de sous-toiture est absent, qu'une charpente est affaiblie ou qu'une zinguerie est hors d'usage, et que le client refuse de les traiter, écrivez-le au devis et faites-le signer. C'est votre seule protection sur un désordre dont la cause préexistait.

La reprise sur couverture ancienne pose un problème de compatibilité : tuiles de modèle différent, mélange de matériaux, ventilation modifiée. Ces choix, souvent dictés par le budget du client, doivent apparaître au devis avec leurs limites.

Le photovoltaïque en toiture

Beaucoup de couvreurs se sont positionnés sur le photovoltaïque, technique qui touche directement leur cœur de métier. C'est aussi celle qui a généré le plus de contentieux récents en assurance construction.

Il s'agit presque toujours d'une activité distincte, souvent conditionnée à une certification. La raison est double : le risque d'étanchéité au droit des fixations et des sorties de câbles, et le risque électrique — connecteurs, onduleurs, échauffements.

L'intégration au bâti, qui remplace les éléments de couverture par les panneaux, est la configuration la plus délicate : les panneaux assurent alors l'étanchéité, fonction pour laquelle ils n'ont pas été conçus à l'origine. La surimposition, qui conserve la couverture sous les panneaux, est techniquement plus sûre, mais les percements de fixation restent des points sensibles.

Trois précautions : déclarer l'activité avant le premier chantier, respecter scrupuleusement les notices de pose des systèmes de fixation, et conserver le plan de calepinage avec les justificatifs de traitement d'étanchéité. C'est sur ce dernier point que se concentrent les litiges.

Le dégât des eaux en collectif

Un même défaut n'a pas le même coût selon qu'il survient en maison individuelle ou en immeuble. C'est ce qui explique que les assureurs interrogent sur la part de collectif dans votre activité.

En collectif, une fuite se propage verticalement : le logement concerné, celui du dessous, parfois plusieurs niveaux. S'y ajoutent les parties communes, les revêtements, le mobilier des occupants, et souvent des frais de relogement.

La gestion du sinistre change également de nature. Interviennent le syndic, les assureurs des copropriétaires concernés, celui de la copropriété, et une convention de règlement entre assureurs. Les délais s'allongent, les expertises se multiplient, et votre responsabilité est examinée par plusieurs parties.

Deux précautions spécifiques. Identifier précisément les limites de votre intervention : parties privatives, colonnes communes, vannes d'arrêt. Une intervention sur une colonne commune engage votre responsabilité envers la copropriété entière. Et documenter l'état des installations existantes avant raccordement : en immeuble ancien, la vétusté des colonnes est un facteur de sinistre qui ne vous est pas imputable, à condition de pouvoir le démontrer.

Les installations gaz

Le gaz ajoute une dimension de sécurité des personnes qui change l'appréciation d'un défaut.

Les habilitations requises pour intervenir sur une installation gaz ne relèvent pas de l'assurance, mais leur absence rend votre intervention irrégulière, ce qui fragilise fortement votre position en cas de sinistre.

Les désordres concernent l'étanchéité du réseau, la ventilation du local abritant l'appareil, et l'évacuation des produits de combustion. Un défaut sur l'un de ces trois points expose à un risque d'intoxication ou d'explosion : la qualification d'impropriété à destination est immédiate, et la responsabilité pénale peut s'ajouter à la responsabilité civile.

Le certificat de conformité délivré après contrôle atteste d'une vérification à un instant donné. Comme l'attestation de conformité électrique, il ne vous décharge pas de votre responsabilité décennale : il constitue un élément de preuve, pas une garantie.

Vérifiez que votre contrat mentionne explicitement les installations gaz. Certains contrats de plomberie sanitaire les excluent, et l'artisan le découvre au sinistre.

Découvrir une charpente dégradée

La situation est banale en rénovation : la couverture déposée, vous constatez des éléments de charpente attaqués par l'humidité, les insectes ou le temps. Ce moment est déterminant pour votre responsabilité.

Trois voies s'offrent à vous, et une seule est sûre.

Poser la couverture neuve sur une charpente dégradée est le choix le plus risqué. Le désordre qui suivra — déformation, affaissement, infiltration par désalignement — vous sera imputé, car vous étiez le dernier intervenant et vous avez vu l'état du support. L'expert relèvera que vous ne pouviez pas l'ignorer.

Reprendre la charpente sans l'avoir déclarée vous fait sortir de votre activité : le désordre éventuel n'est pas couvert, même si le travail est bien fait.

Signaler par écrit, chiffrer la reprise, et faire signer le refus si le client l'écarte : c'est la seule voie qui vous protège. Vous restez responsable de votre couverture, mais le fait du maître d'ouvrage devient invocable sur le désordre de structure.

Cette situation étant fréquente, préparez un modèle de constat de découverte, avec emplacement, nature du désordre, photo, préconisation et signature. Cinq minutes sur le chantier, un litige évité.

Sécurité et travaux en hauteur

Un mot sur un sujet voisin, qui relève d'une autre assurance mais que le métier ne peut ignorer.

Les chutes de hauteur restent la première cause d'accident grave dans le bâtiment, et la couverture y est en première ligne. Ce risque relève de votre responsabilité civile professionnelle et de la protection de vos salariés, pas de la décennale.

Deux points ont néanmoins une incidence assurantielle. Une chute d'objet depuis la toiture endommageant un bien ou blessant un tiers relève de la RC professionnelle : vérifiez qu'elle figure bien à votre contrat, avec un plafond suffisant. Et un accident du travail lié à un manquement caractérisé aux règles de sécurité peut engager votre responsabilité pénale de chef d'entreprise, sans qu'aucune assurance ne puisse s'y substituer.

Les assureurs de décennale ne tarifent pas ce risque, mais un dossier faisant état de pratiques de sécurité structurées est reçu plus favorablement, particulièrement pour une entreprise avec salariés.

Ce qui fait votre tarif

La couverture est tarifée sur la fréquence plus que sur la gravité. Les variables habituelles s'appliquent — chiffre d'affaires, ancienneté, sinistralité, sous-traitance —, avec quatre spécificités.

La part d'étanchéité dans votre activité : c'est le facteur le plus discriminant, l'étanchéité étant nettement plus chargée que la couverture.

La part de photovoltaïque, pour les mêmes raisons.

La hauteur et le type de bâtiments : le collectif et les bâtiments industriels de grande surface impliquent des enjeux supérieurs au pavillonnaire.

La zone climatique peut intervenir : exposition au vent, à la neige, aux épisodes de grêle.

Réduire votre risque

Documentez les fixations. Type, nombre, entraxe, en fonction de la zone de vent. C'est le point qui décide de la répartition entre garantie tempête du propriétaire et responsabilité décennale du couvreur.

Photographiez chaque point singulier avant recouvrement : solins, bavettes, raccords de fenêtres de toit, noues. C'est peu de temps sur le chantier, et c'est décisif à l'expertise.

Respectez et conservez les notices de pose des fabricants, en particulier pour les fenêtres de toit et les systèmes photovoltaïques. Un écart à la notice se retourne contre vous, et prive parfois de la garantie du fabricant.

Vérifiez la ventilation lorsque vous intervenez sur une couverture avec isolation sous rampants. Une couverture parfaitement posée sur une isolation non ventilée produira un désordre qui vous sera imputé.

Écrivez ce que vous ne faites pas. Charpente non reprise, zinguerie conservée, écran absent : ces mentions au devis délimitent votre prestation.

Les documents à conserver

Pendant dix ans après réception : le devis et le descriptif avec les limites de prestation, l'état des lieux de la couverture existante en rénovation, les photos des points singuliers avant recouvrement, les notices de pose des systèmes utilisés, les factures de matériaux attestant des produits et de leurs caractéristiques, le procès-verbal de réception, et votre attestation d'assurance de l'année du chantier.

Pour le photovoltaïque, ajoutez le plan de calepinage, la note de calcul des fixations et les justificatifs de traitement d'étanchéité.

Un conseil de méthode, valable pour tout le métier : prenez l'habitude de photographier systématiquement, chantier par chantier, dans un dossier daté. Sur un métier qui déclare autant de sinistres, c'est l'investissement de temps le plus rentable que vous puissiez faire.

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Ou « en cours de création ».

Votre expérience personnelle compte, même antérieure à la création de l'entreprise.

Prévisionnel si l'activité démarre.

Votre garantie répond des malfaçons de vos sous-traitants.

L'attestation doit être en cours de validité à l'ouverture du chantier, pas à sa fin.

Traitement de vos données

Les informations recueillies sont traitées par Assurétoile, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 24004232, afin d'analyser votre demande, interroger ses assureurs partenaires et vous transmettre des propositions.
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Sophie D.

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