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Assurance habitation

Propriétaire : occupant ou bailleur, deux besoins différents

Copropriété, maison individuelle, logement loué : ce que couvre déjà l'immeuble, ce qui reste à votre charge, et où sont les trous.

  • L'assurance de l'immeuble ne couvre que les parties communes
  • La garantie propriétaire non occupant pour un bien loué
  • La vacance locative modifie souvent les garanties

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Locataire, propriétaire occupant ou bailleur. Maison, appartement, résidence secondaire.

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À retenir

Les garanties à examiner

Selon que vous occupez ou que vous louez, les priorités ne sont pas les mêmes.

Responsabilité civile

Obligatoire en copropriété. Couvre les dommages causés aux autres copropriétaires et aux tiers.

Obligatoire en copro

Propriétaire non occupant

Pour un bien loué : couvre les périodes de vacance et votre responsabilité de propriétaire.

Bâtiment et embellissements

Structure, aménagements, cuisine équipée, parquet posé. La copropriété ne les couvre pas.

Dégât des eaux

Le sinistre le plus fréquent. Regardez la prise en charge de la recherche de fuite et de la franchise de copropriété.

Catastrophes naturelles

Incluse dans tout contrat multirisque, avec une franchise légale non rachetable.

Perte de loyers

Pour un bailleur : compense les loyers perdus quand un sinistre rend le logement inhabitable.

Les garanties réellement acquises dépendent de la formule souscrite et des conditions générales de l'assureur retenu.

Un propriétaire n'a pas toujours l'obligation de s'assurer, mais il a presque toujours intérêt à le faire. Et selon qu'il occupe son bien ou qu'il le loue, ce ne sont ni les mêmes garanties ni les mêmes risques.

Ce que la loi impose

Un propriétaire occupant d'une maison individuelle n'a aucune obligation légale de s'assurer, sauf exigence d'un prêt en cours. C'est évidemment déconseillé : un incendie non assuré représente la perte du bien et l'exposition aux recours des voisins.

En copropriété, la situation est différente : le copropriétaire, occupant ou bailleur, doit au minimum s'assurer en responsabilité civile pour les dommages causés aux autres.

Un bailleur n'a pas d'obligation propre, mais il doit s'assurer que son locataire est couvert et exiger l'attestation chaque année.

Ce que couvre la copropriété

C'est le malentendu le plus répandu.

L'assurance de l'immeuble, obligatoire, couvre les parties communes et, selon les contrats, la structure du bâtiment. Elle ne couvre ni le contenu des logements, ni les embellissements réalisés par les occupants, ni leur responsabilité personnelle.

Beaucoup de copropriétaires pensent être couverts pour tout par le contrat de l'immeuble, et découvrent l'inverse au premier sinistre.

Un point qui mérite vérification : la franchise du contrat de copropriété. Sur un dégât des eaux d'origine commune, elle peut être répercutée sur les copropriétaires concernés. Certains contrats individuels la prennent en charge, d'autres non : c'est une ligne à regarder.

Propriétaire occupant

Votre contrat doit couvrir trois choses.

Le bâtiment, pour une maison individuelle : structure, toiture, installations fixes. En copropriété, la structure relève de l'immeuble, mais vos aménagements intérieurs sont à vous.

Le contenu : mobilier, électroménager, effets personnels, avec les plafonds propres aux objets de valeur.

Votre responsabilité : envers les voisins, les tiers, et en copropriété envers les autres copropriétaires.

Regardez particulièrement la reconstruction à neuf et l'indexation du capital bâtiment : un logement assuré sur une valeur ancienne ne se reconstruit pas au prix d'aujourd'hui.

Propriétaire bailleur

Le contrat de votre locataire ne vous couvre pas pour tout, loin de là.

Une garantie dite propriétaire non occupant couvre votre responsabilité de propriétaire — vice de construction, défaut d'entretien, dommages causés aux tiers par le bâtiment — ainsi que les périodes où le logement est vide.

Deux garanties méritent d'être examinées.

La perte de loyers compense les loyers perdus quand un sinistre rend le logement inhabitable pendant les travaux. Sur plusieurs mois, la somme est significative.

La garantie loyers impayés, distincte, couvre la défaillance du locataire. Elle est soumise à des conditions de solvabilité à l'entrée dans les lieux, et elle ne se cumule pas avec un cautionnement.

La vacance locative

Un point de vigilance sous-estimé.

Entre deux locataires, ou pendant des travaux, beaucoup de contrats limitent ou suspendent certaines garanties au-delà d'une durée d'inoccupation — souvent quatre-vingt-dix jours.

Signalez la vacance à votre assureur plutôt que de découvrir l'exclusion au moment d'un dégât des eaux survenu dans un logement vide, situation d'ailleurs fréquente puisque personne n'est là pour couper l'eau.

Un réflexe simple : lors d'une vacance prolongée, coupez l'eau et purgez si la période est hivernale. Le gel des canalisations dans un logement inoccupé est un classique, et certains contrats l'excluent en l'absence de précautions.

Les embellissements

Cuisine équipée posée, parquet installé, salle de bains refaite, véranda ajoutée : ils ne sont couverts que s'ils ont été déclarés.

Leur valeur est systématiquement sous-estimée. Une cuisine équipée représente à elle seule plusieurs milliers d'euros, et elle n'est pas comprise dans le capital mobilier standard.

Après des travaux significatifs, prévenez votre assureur et faites ajuster le contrat. C'est une démarche de dix minutes qui change tout en cas de sinistre.

Résidence secondaire

Elle appelle des garanties spécifiques, parce que le risque est différent.

L'inoccupation prolongée augmente le risque de vol et de dégât des eaux non détecté. Les contrats l'encadrent par des conditions de fermeture, parfois par des exigences d'alarme.

Le gel est un risque majeur dans une maison inoccupée l'hiver. Vérifiez les conditions de garantie : beaucoup de contrats exigent la coupure de l'eau et la purge des canalisations pendant les absences.

Certains assureurs proposent des formules dédiées, avec une cotisation réduite en contrepartie de ces contraintes. Elles sont pertinentes si vous pouvez réellement les respecter.

La location saisonnière

Louer son logement quelques semaines par an modifie l'usage déclaré, et cela doit être signalé.

Un contrat classique peut exclure les dommages survenus pendant ces périodes, ou refuser la garantie vol en présence de tiers dans le logement.

Les plateformes proposent souvent une couverture, mais elle est généralement limitée aux dommages causés par le voyageur, et elle n'intervient qu'en second rang. Elle ne remplace pas votre contrat.

Faites préciser ce point explicitement par écrit avant de commencer : c'est une source de litige fréquente, et le coût d'une extension est modeste.

Travaux et agrandissement

Un chantier modifie le risque et doit être signalé, avant plutôt qu'après.

Pendant les travaux, certaines garanties peuvent être suspendues, notamment si le logement est inhabité ou si la structure est ouverte. Les dommages causés par les entreprises relèvent de leur propre assurance : exigez leurs attestations, et vérifiez que leurs activités déclarées correspondent aux travaux confiés.

Après un agrandissement, la surface déclarée doit être mise à jour. Un logement assuré pour 90 m² et agrandi à 120 m² est indemnisé proportionnellement, soit les trois quarts du dommage — y compris sur un sinistre localisé dans la partie ancienne.

Les équipements ajoutés — piscine, véranda, panneaux solaires, pompe à chaleur — doivent également être déclarés. Ils ne sont pas compris dans un contrat standard, et leur valeur est souvent élevée.

Pour des travaux importants touchant à la structure, l'entreprise doit disposer d'une garantie décennale, et vous avez intérêt à souscrire une assurance dommages-ouvrage : elle vous indemnise sans attendre la recherche de responsabilité.

Les garanties souvent oubliées

Quatre lignes qui manquent régulièrement, et qui coûtent cher au moment du sinistre.

La garantie catastrophes naturelles est incluse d'office dans tout contrat multirisque : elle joue après publication d'un arrêté au Journal officiel, avec une franchise légale non rachetable. En revanche, la sécheresse et le retrait-gonflement des argiles, qui fissurent les maisons dans certaines régions, relèvent de ce régime et supposent donc un arrêté : sans lui, aucune indemnisation.

La protection juridique prend en charge vos frais en cas de litige avec un voisin, un artisan ou un locataire. Sur un contentieux de construction ou de voisinage, la facture d'avocat dépasse vite plusieurs milliers d'euros.

Le rééquipement à neuf supprime l'abattement de vétusté sur le mobilier, sous condition de remplacement effectif. C'est une option, pas un acquis.

Les dommages électriques, qui couvrent les appareils détruits par une surtension, ne figurent pas dans toutes les formules. Sur une maison équipée, le poste n'est pas négligeable.

Ce qui fait le prix

La surface et le type de bien, la localisation, le capital bâtiment pour une maison, le capital mobilier, les dépendances — garage, piscine, panneaux solaires —, et le niveau de franchise.

Pour un bailleur, la présence de la perte de loyers et de la garantie loyers impayés pèse sensiblement, mais leur intérêt est réel sur un bien qui finance un crédit.

Comment choisir

Identifiez d'abord votre situation exacte : occupant ou bailleur, copropriété ou maison. Les garanties utiles en découlent directement.

Vérifiez ce que couvre déjà l'immeuble si vous êtes en copropriété, et demandez le montant de sa franchise.

Déclarez vos embellissements et vos dépendances. C'est le poste le plus souvent oublié, et le plus coûteux à découvrir après un sinistre.

Relisez vos conditions particulières une fois par an : surface, nombre de pièces, capitaux. Un logement agrandi ou un mobilier renouvelé sans mise à jour conduit à une indemnisation réduite proportionnellement.

Bon à savoir

Questions fréquentes

Pour un locataire, oui : la loi impose au minimum une garantie des risques locatifs. Pour un propriétaire occupant en maison individuelle, elle n'est pas obligatoire, mais s'en passer revient à assumer seul un incendie ou un dégât d'eau. En copropriété, elle est obligatoire.

Faites le tour de chaque pièce en additionnant ce qu'il faudrait racheter à neuf : électroménager, informatique, mobilier, vêtements, matériel de loisir. Les estimations spontanées sont presque toujours trop basses.

Uniquement les dommages causés au logement dont vous répondez envers le propriétaire : incendie, dégât des eaux et explosion. Elle ne couvre ni vos biens personnels, ni votre responsabilité envers les voisins. Un contrat multirisque, qui ajoute ces garanties, est nécessaire en pratique.

L'assureur applique une règle de proportionnalité : si vous avez déclaré 15 000 € de mobilier alors que vous en possédez 30 000 €, l'indemnisation peut être réduite de moitié, même pour un sinistre partiel.

Cinq jours ouvrés à compter de la découverte. Pour un vol, le délai est de deux jours ouvrés avec dépôt de plainte préalable, et de trente jours pour une catastrophe naturelle à compter de la publication de l'arrêté.

Jusqu'à un plafond fixé au contrat. Au-delà, bijoux, œuvres et matériel professionnel doivent être déclarés séparément, souvent avec facture ou expertise.

Oui. Chacun déclare à son propre assureur, y compris la victime : les assureurs se répartissent ensuite la charge entre eux selon des conventions, sans que vous ayez à démontrer la responsabilité du voisin. N'attendez pas un accord amiable pour déclarer.

Faites le tour de votre logement pièce par pièce et additionnez ce qu'il faudrait racheter au prix d'aujourd'hui. Sous-évaluer conduit à une indemnisation réduite proportionnellement, y compris sur un sinistre partiel : un mobilier assuré pour la moitié de sa valeur est indemnisé de moitié.

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Sophie D.

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